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[Notes de lecture] Le signalement des liens brisés par les usagers d’un résolveur de liens (SFX)

Posté dans Docélec, Saines lectures.

brokenlinkBroken-link Reports from SFX Users : How publishers, Vendors and Libraries Can Do Better (Serials Review, Volume 38, numéro 4, december 2012). Merci à l’auteur Xiaotian Chen (Bradley University)

L’enquête étudie 432 liens brisés issus du résolveur de liens SFX entre l’automne 2007 et l’automne 2011. Lorsqu’un usager utilise SFX pour sa recherche d’articles en ligne et rencontre un lien brisé, il peut en avertir la bibliothèque via un formulaire pré-rempli.

Méthodologie

Tous les liens ont été entrés dans un fichier Excel avec le jour, la date et l’heure à laquelle le lien est rapporté, à quel moment la bibliothèque a répondu à l’usager,  les références de l’article, le bouquet de revues utilisé (SFX Target), la cause du lien brisé et si la bibliothèque a retrouvé le texte intégral demandé par l’usager. Deux bibliothécaires ont traité l’intégralité des demandes.

L’étude vise à déterminer quels bouquets proposent le plus de liens brisés, les causes et le temps moyen de réponse aux usagers.
D’après la littérature professionnelle, les raisons d’un lien brisé dans un résolveur de liens sont variées: données de l’URL source inexactes, données de l’URL source incomplètes, base de connaissance du résolveurs inexacte, erreur de traduction du résolveur, URL cible du résolveur incomplète, absence de lien au niveau de l’article, erreur de traduction par le fournisseur de l’URL cible, contenu du fournisseur incomplet, etc.

Sur les 432 liens brisés, 46 n’ont pas pu être reproduits et n’ont pas été intégrés à l’enquête.

Résultats

Ebsco Academic Search Premier et Wiley Online sont les cibles proposant le plus de liens brisés.
D’après les données recueillies, les 4 principales raisons des liens brisés sont :

  • les articles non disponibles dans la cible : la plupart du temps, l’article n’est pas disponible chez le fournisseur ou l’éditeur. L’exactitude des données des éditeurs dans SFX en est le problème majeur. Il y a également des problèmes techniques : revue avec un embargo de 12 mois pour laquelle les articles arrivés à expiration ne sont toujours pas disponibles
  • l’erreur d’index : données erronées pour l’issn, l’année de publication, le volume, le numéro ou la page
  • l’absence de lien au niveau de l’article : concerne surtout le DOAJ. Beaucoup de revues du DOAJ ne proposent pas de liens structurés vers l’article. Le lien vers l’article renvoie en fait vers la page d’accueil de la revue, laissant penser que l’article n’est pas disponible
  • les critiques de livre ou articles spéciaux dans les revues : ces articles existent dans les bouquets mais le résolveur est incapable de les lier correctement

Autres raisons des liens brisés

  • articles issus de suppléments à un numéro : cela peut provenir d’une mauvaise numérotation ou pagination du supplément (l’ajout d’un S avant ou après la pagination peut poser des problèmes de traduction au résolveur). Il se peut aussi que le fournisseur ou l’éditeur n’inclut pas le supplément dans l’abonnement en ligne
  • volumaison, numérotation et pagination erronées : les volumes en chiffre romain, les doubles numéros (1-2, 6-7) peuvent engendrer des erreurs
  • certaines revues Wiley affichent deux dates de publication : la date de publication en ligne et la date officielle de publication. Les index utilisent les plus souvent la date officielle mais Google Scholar utilise parfois la date de publication en ligne qui induit en erreur le résolveur
  • Le manque d’intuitivité des liens Texte intégral (« Get PDF ») : 46 cas de liens brisés renvoyaient bien vers le texte intégral. Ces cas concernaient principalement deux bases pour lesquelles on peut se demander si le lien vers le texte intégral est assez explicite
  • erreur de DOI : lorsqu’une revue change de plateforme ou lorsque le DOI est incorrect cela entraine des erreurs. Cas d’une revue chez 2 éditeurs dont une année en commun. Le DOI renvoie vers un site d’éditeur alors que c’est un autre qui dispose de l’article en FT recherché
  • Volumes ou articles manquants : certains numéros ou volumes sont totalement manquants chez l’éditeur alors que des numéros plus récents de la même revue sont disponibles. Le résolveur envoie inévitablement un lien brisé dans ce cas

Les bibliothécaires ont répondu aux 432 mails prévenant de liens brisés et ont envoyé 276 articles en texte intégral. Pour ceux réellement indisponibles, les bibliothécaires ont du présenter des excuses et proposer le prêt entre bibliothèque.
L’étude montre également que les mails sont envoyés plutôt le soir, le week-end et les vacances que durant les horaires d’ouverture de la bibliothèque.

Analyses

Les liens brisés s’expliquent par de nombreuses raisons, la qualité des listes de titres fournies par les éditeurs est souvent montrée du doigt par la littérature professionnelle. La différence provient de la stabilité des listes (Ebsco Academic Search Premie vs JSTOR). Le résultat est simple : le texte intégral ne se trouve pas dans la base indiquée par le résolveur. Les éditeurs doivent continuer d’améliorer la qualité de leurs listes.
L’usage plus fréquent des DOI pourrait résoudre le problème des volumaisons/numérotations erronées ou des suppléments, seulement s’ils renvoient vers le site de l’éditeur ou CrossRef. Cela ne fonctionnera pas avec des bases de données agrégées type Jstor ou Ebsco Academic Search Premier.
Les résolveurs de liens sont probablement une des plus importantes inventions des 10-15 dernières années dans les bibliothèques. Ils ont transformé la manière d’accéder à l’information en ligne. Les liens brisés restent, cependant, un problème majeur. Les producteurs de résolveurs devraient trouver des moyens de mieux gérer ces difficultés techniques : volumaisons/numérotations, description des suppléments, question des numéros sous embargo, problème des DOI et la double date de publications sur le site des éditeurs.

 Crédit photo : Freedom / drp / CC-by-nc-nd

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