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Sweden, twelve points (Suède, douze points)

Posté dans Aut'trucs.

Ma BU a accueilli Linda Sundberg dans le cadre d’un stage Erasmus pour le personnel (renseignez-vous dans votre université, ce programme vaut le coup). J’étais chargé de lui faire découvrir l’Université de la Réunion, le fonctionnement du SCD et plus généralement la profession de bibliothécaire en France.
Linda est bibliothécaire-référente (subject librarian) à l’Université de Karlstad, elle s’occupe de l’art, du cinéma, de la danse et de la documentation européenne. Elle dispose d’un master en Sciences des bibliothèques obtenu à Karlstad même (difficile d’expliquer le principe du franco-français concours d’entrée dans la fonction publique et son intérêt). Après son master, elle a passé un an dans un centre de documentation européenne à Florence avant de réellement travailler comme bibliothécaire en Suède.

L’Université de Karlstad compte actuellement 12.000 étudiants pour 1.000 personnels (approximativement la même taille que l’Université de la Réunion). La bibliothèque universitaire se situe sur un site (+ une bibliothèque dans une école de musique), 25 bibliothécaires y travaillent.

Pour en savoir un peu plus sur l’Université et la BU de Karlstad, vous pouvez visionner le diaporama ci-dessous (en anglais), gentiment prêté par Linda.

J’ai beaucoup apprécié ce stage, les échanges ont été nombreux et j’ai appris énormément de choses sur le fonctionnement des bibliothèques suédoises. Cela m’a permis également de massacrer pratiquer l’anglais professionnel en dehors de la seule lecture d’articles. Je vous livre en vrac quelques infos sur leur manière de travailler.

Le directeur de la BU est vice-président chargé de la bibliothèque au même niveau que les autres VP, il n’est pas bibliothécaire et côtoie directement le président. C’est donc plus facile pour faire bouger les lignes ou faire passer des projets auprès des enseignants. Apparemment, il laisse beaucoup d’autonomie sur l’opérationnel aux 3 responsables de la BU et gère plutôt les grandes orientations de l’établissement.

L’équipe est composée de 2-3 acquéreurs pour l’ensemble des disciplines, une dizaine de bibliothécaires-référents (Subject librarians) comme Linda et environ 1.5 ETP pour le catalogage. Les bibliothécaires-référents est un particularité de la conception anglo-saxonne du métier, ils n’acquièrent pas vraiment mais sont l’interface entre la bibliothèque, les enseignants et les étudiants. Ils font du service publique, des  formations pour lesquelles ils créent des supports (tutoriels vidéo via Camtasia, diaporamas, etc.) et ils s’attachent à bien connaître leur secteur documentaire, ce qui n’est pas évident lorsqu’on ne fait pas d’acquisition.

La BU est récente et ne dispose pas de magasin, j’ai l’impression qu’il n’y a pas d’espaces réservés aux professionnels, tous les bureaux donnent dans les espaces publics. Ils ont récemment mis en place une politique documentaire 0% d’accroissement, ils ont donc énormément désherbé en peu de temps, sans pouvoir proposer les livres à la vente. Cette nouvelle politique a un peu fait grincer les dents des enseignants surtout dans les disciplines où l’âge des collections n’est pas un critère déterminant (histoire par exemple). Mais la position de VP du directeur lui a donné assez de poids pour que ce changement ne soit pas remis en cause.

Questions pénalités et politiques tarifaires, ce ne sont pas des tendres. Une pénalité de retard coûte 2€ (pas de pénalités pour les enseignants). Le forfait pour la perte d’un livre est de 70€ (plafonné à 150€), si le livre est retrouvé, le montant baisse à 20€ (un peu comme des frais de dossier). Au bout de trois relances pour livre non rendu, ils transfèrent le dossier à une société de recouvrement ! non, ils ne rigolent pas avec leur doc.

Leur politique de prêt est étrange et pas toujours commode à mettre en œuvre selon l’aveu de Linda. Les étudiants empruntent pour 60 jours (120 jours pour les profs), si le livre est réservé durant la période de prêt alors la durée passe à 14 jours. Si l’étudiant a dépassé ce délai, il doit rendre le livre immédiatement, ce qui pose régulièrement des problèmes pour les récupérer dans les temps.

Certains problèmes de bibliothécaires sont universels, les relations avec les enseignants par exemple. Pas de miracle en Suède, ils rencontrent aussi beaucoup de difficultés à travailler de manière étroite et régulière avec les enseignants. Certains ont une longue et fructueuse relation avec un bibliothécaire en particulier et sont donc très présents (gestion des fonds, formation, etc.), d’autres ne mettent jamais les pieds à la BU.

Enfin sur les salaires, il n’y a pas de grille d’indices nationale comme ici. Chaque année, la direction de l’Université et les syndicats négocient un montant global qui sera ensuite réparti entre les différentes composantes. Le personnel négocie individuellement avec leur hiérarchie en fonction de l’ancienneté, des responsabilités au sein de l’établissement et des compétences de l’agent. Cela dit, il est rare qu’une négociation se fasse à la baisse suite à une diminution des responsabilités par exemple.

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5 réponses

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  1. carenes dit

    Quelques questions, tu t’en doutes, par rapport à l’articulation entre les bibliothécaires-référents, les acquéreurs et le catalogueurs :
    – est-ce que tu en as su un peu plus sur la façon d’acquérir la connaissance d’un fonds quand on ne fait pas d’acquisitions ? C’est quelque chose qui me taraude régulièrement quand je dois fournir une réponse sur les fonds de mes collègues que je connais parfois mal, ou sur la docélec.
    – même question pour l’acquéreur qui ne fait pas de renseignements si j’ai bien compris ? Comment fait-il pour connaître les besoins des usagers sans l’interface directe avec les usagers ? Uniquement via les stats ? Est-ce qu’il participe en plus à un SRV par exemple ?
    – dernière question : comment ont-ils réussi à réduire à ce point la part du catalogage pour qu’il ne concerne plus que 1.5 ETP (le pauvre, cela dit, qui ne fait que ça toute la journée !) ? C’est un peu mon rêve, ça 🙂 Les #jabes2012 ont l’air prometteuses à ce sujet, je croise les doigts !

    • nicoAsLi dit

      je pose les questions à Linda et je te réponds rapidement.

  2. Martine Scius dit

    Bibliothécaire à l’Université de Haute Alsace, j’ai également participé à un stage Erasmus et j’ai passé une semaine dans une BU à Sigmaringen dans le Bade-Wurttemberg. J’ai beaucoup appris sur l’environnement universitaire allemand, j’ai bien amélioré mes compétences linguistiques techniques, j’ai également énormément échangé sur nos pratiques mutuelles. Bref, allez-y, sortez de vos bibliothèques et vous ne le regretterez pas !

    • nicoAsLi dit

      j’en suis persuadé et je compte bien en profiter dans quelques années.

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  1. Chicago et la bibliothécaire « intégrée  | «LaFacette Lié ce billet on 20 février 2015

    […] En France l’équivalent du reference librarian est en général chargé du fonds documentaire et donc des acquisitions, de la cotation, du désherbage, etc. dans son fonds. Ce n’est pas nécessairement le cas pour un reference librarian à l’anglo-saxonne. […]



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