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[Notes de lecture] Utiliser le screencasting pour étudier le comportement des usagers lors d’une recherche documentaire

Posté dans Saines lectures.

Using screen capture to study user research behaviour (Library Hi Tech, Vol. 29, Iss. 3, accès payant [Merci Marlène])

Article de Bonnie Imler (Penn State Altoona, Pennsylvania, USA) et Michelle Eichelberger (Genesee Community College, Batavia, New York, USA)

​Préalable

l’observation directe est l’une des méthodes utilisées pour les usability test mais elle comporte des pbs :
– présence de l’observateur qui perturbe le comportement de l’usager
– difficulté de noter chaque action de l’usager
– biais lorsque l’observateur observe ce qu’il veut ou s’attend à voir

​Le screencasting a d’abord été utilisé pour enregistrer des tutoriels (réalisés par des bibliothécaires) à destination des étudiants. C’est en assistant à la présentation d’un outil de codage vidéo pour les sportifs (Studiocode) que les auteurs ont eu l’idée d’utiliser ce type d’outil pour enregistrer les usagers en train d’utiliser les ressources électroniques.

Outils

​De nombreux outils de screencasting existent, Camtasia, Captivate, Jing, Snapz. ils permettent d’enregistrer tout ce qui se passe dans une fenêtre ou seulement une zone : mouvement de souris, clic, texte, action copier/coller, ouverture de fenêtre. / Studiocode : pour mac seulement, fichier enregistré en Quicktime. Pour l’enregistrement vidéo, le choix s’est porté sur Snapz Pro ​(pour mac).
Le paramétrage de l’outil a concerné la zone enregistrée (zone de l’écran, tout l’écran, etc.), le type d’enregistrement (caméra fixe, suivi du curseur, etc.) et la visibilité du curseur.

Étude

​L’étude est une évaluation quantitative de l’usage du résolveur de liens SFX par des étudiants de niveau licence (undergraduate) . 40 participants ont reçu une présentation introductive à SFX. Plusieurs semaines après, l’étude a eu lieu avec une prise de rendez-vous individuel. Elle démarrait après la lecture de sa description de l’étude.
Le participant lançait l’enregistrement (solution préférée à un démarrage effectué par le bibliothécaire) : laisser l’usager aller à son propre rythme, rappeler que l’exercice est enregistré.
L’exercice consistait à retrouver le texte intégral à partir d’une série de références bibliographiques issues de la base de donnée Proquest.

Résultats

Les auteurs ont été surpris par la manière dont les mouvements à l’écran pouvait traduire les émotions ressenties par les usagers au moment de l’exercice.
Le chemin de la souris et la vitesse d’exécution peuvent indiquer confiance et résolution dans l’exécution des tâches, à l’inverse une souris hésitante peut indiquer confusion et frustration de la part du participant. Certains mouvements trahissent une attitude ; le free falling mouse (mouvement du curseur en ligne droite sur le bord supérieur de l’écran) équivaut à “j’abandonne”.
Dans la même veine, certains usagers se mettent à dessiner des cercles, sans but particulier, avec leur souris après plusieurs tentatives ratées de recherche.

​Dans le cadre de la recherche, beaucoup d’usagers peinaient à utiliser correctement le bouton SFX, même après une formation ad hoc. Le “aha moment “ (en éducation, manifestation du moment précis où un élève saisit un concept) est le moment où l’usager saisit la fonction du bouton SFX et retourne immédiatement sur chaque référence pour confirmer l’utilité du bouton.

​Le screencasting est une méthode efficace et pratique pour conduire une recherche quantitative et il a l’avantage de faire appel à des logiciels déjà présent et peut-être déjà utilisés pour les tutoriels. C’est une méthode d’observation non intrusive et les résultats peuvent être manipulés, évalués et codés de bien des manières. Les retours sur la participation à cette étude sont positifs, aucun usager n’a semblé mal à l’aise à l’idée d’être enregistré.

​L’utilisation du screencasting dans l’évaluation de la bibliothèque n’est pas limité : évaluation des formations en enregistrant les comportements des usagers avant et après la formation, évaluation et justification des abonnements aux bases de données. Si les bibliothécaires souhaitent réellement savoir comment les ressources sont utilisées, le screencasting est le moyen idéal pour recueillir ce type d’information.


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