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AnthroLib : recenser les études anthropologiques en bibliothèques

Posté dans Enquêtes.

Au détour d’un article (Research rules for library ethnography, Michael Seadle, Library Hi Tech, accès payant), j’ai appris l’existence d’AnthroLib, une initiative des bibliothèques du River Campus à  l’Université de Rochester (État de New-York, États-Unis).

AnthroLib combine une liste de diffusion (enregistrement requis), une bibliographie et une carte Google localisant les différents projets.
Les projets dont il est question sont le plus souvent des études universitaires co-dirigées par la bibliothéque-terrain et menées sur une peuplade si différente et si proche de nous : les usagers. Ces enquêtes emploient généralement des méthodes de recueil de données utilisées en anthropologie : observation, entretien, interview filmée et même carnet vidéo d’usager, journal photographique ou cartographié.

La liste de diffusion, dont les premiers messages datent de 2009, permet de signaler des articles parus ou des enquêtes en cours, d’échanger sur les avantages et inconvénients des méthodes utilisées et de tenir informée la communauté de l’avancée de ses travaux.

Il est intéressant de voir comment ces recherches en bibliothèque fonctionnent. Par exemple, chaque université américaine dispose d’un Institutional Review Board (IRB, à ne pas confondre avec un autre IRB) qui valide toutes les enquêtes à caractère biomédical, anthropologique, sociologique ou psychologique menées sur des personnes. La défense d’un projet devant l’IRB semble très différente d’une université à l’autre et nécessite parfois beaucoup de persuasion pour montrer l’intérêt de telle ou telle méthode.

Un projet comme AnthroLib me laisse penser que l’usager des bibliothèques est un objet de recherche (au sens universitaire) assez peu développé en France. Le problème vient peut-être du signalement desdites recherches? Car ces enquêtes existent : celles de la cellule Études et recherches de la BPI, les études de Chérifa Boukacem-Zeghmouri sur les pratiques documentaires des chercheurs, les travaux d’Elsa Zotian (même si dans ce cas, la BM de l’Alcazar n’était qu’un des multiples lieux de sociabilité étudiés car fréquentés par la jeunesse marseillaise) ou ceux de Claude Poissenot ou plus récemment l’étude ethnographique de Mariangela Roselli et Marc Perrenoud, Du lecteur à l’usager.
Je me demande, finalement, si une initiative comme AnthroLib serait pertinente dans le contexte français voire francophone.

crédit photo : Fabola, CC-by-nc-nd

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