Skip to content


Nouvelles bibliothèques = nouveaux indicateurs

Posté dans Enquêtes, Saines lectures.

Les aménagements de bibliothèques se sont basés pendant des décennies sur les collections physiques. cette tendance s’est inversée, depuis une dizaine d’année, au profit des espaces d’apprentissage et de travail collaboratif, selon le modèle des Learning centers (nous parlons bien évidemment des États-Unis).
Les bibliothèques récemment construites font la part belle aux nouveaux types d’espace : salle de réunion, salle de cours, salle informatique, cafétéria, etc.

Les études montrent que ces espaces sont les plus utilisés et les plus appréciés par les étudiants. Or « les indicateurs traditionnels d’usage ne rendent compte ni de la manière dont les espaces de la bibliothèque changent ni des conséquences de ces changements« . En d’autres termes, on ne peut plus se satisfaire du simple comptage des entrées.
C’est ce qu’affirme Christopher Stewart (assistant professor à la Graduate School of Library and Information Science de la Dominican University) dans son article Building Measurements : Assessing Success of the Library Changing Physical Space (The Journal of Academic Librarianship, Elsevier, accès payant).

Au-delà des indicateurs habituellement utilisés, c’est toute la connaissance de nos publics qu’il faudra revoir. La plupart des usagers de ces nouveaux espaces pourraient très bien fréquenter assidûment la BU sans utiliser les services traditionnels (prêt, renseignement, peb) et ainsi passer sous le radar de nos indicateurs. Il faudra pourtant rendre compte de l’activité générée par les salles de réunions, de formation ou les salles informatiques au risque de ne pouvoir justifier des investissements coûteux.

Ces nouveaux espaces pourraient également attirer de nouveaux publics, qui ne venaient pas ou plus en bibliothèque mais aussi modifier en profondeur les usages et heureusement les perceptions de nos usagers sur la BU. Comment les connaître ? Comment capter ces changements ?

En France, la prochaine éclosion programmée de bibliothèques plus-en-phase-avec-les-attentes-les pratiques-et-les-besoins-des-publics (je ne me résous pas à employer le terme Learning center, bâtiment encore introuvable sur notre territoire mais terme déjà galvaudé) devra s’accompagner d’une réflexion, si possible partagée, autour de nouveaux indicateurs, de nouvelles manières de compter, de nouveaux objets d’évaluation et de l’utilisation plus ambitieuse et systématique de méthodes qualitatives.

Il ne suffit pas d’avoir la voiture la plus rapide, encore faut-il avoir un tableau de bord à sa mesure.

crédit photo : zigzagou76, CC-by

Taggé , , .


3 réponses

Suivez la conversation, abonnez-vous au flux RSS des commentaires de ce billet.

  1. nicomo dit

    Certes, certes. Mais : des pistes?

    • nicoAsLi dit

      Je savais qu’un esprit éclairé poserait cette question 😉
      A mon sens, le principal enjeu est la compréhension des usages. J’orienterais les enquêtes de ce côté, méthodes plutot qualitatives donc. Avec peut-être l’utilisation d’une méthode mise en pratique à Paris 8 il y a quelques années, une sorte de géolocalisation déclarative des usages, je suis assez curieux de vous les résultats qu’elle peut donner dans ce contexte.

      Mais comme je ne travaille pas dans un learning center… 😉

Poursuivre la discussion

  1. Aménagement des nouvelles bibliothèques : nouveaux espaces donc nouveaux indicateurs « Veille documentaire Lié ce billet on 28 octobre 2011

    […] ♣ LIRE L’INTÉGRALITÉ DE L’ARTICLE : ICI […]



HTML possible

ou, répondez à ce billet via trackback.