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Journal du Congrès IFLA 2015 à Cape Town

Posté dans Aut'trucs.

Hall du centre des congrès

Hall du centre de convention ; Crédit : NA

J’ai eu le privilège d’assister, en voisin, au congrès de l’IFLA qui se déroulait à Cape Town, Afrique du Sud, du 15 au 21 août 2015.

J’ai pu y participer grâce à une bourse du Comité français international Bibliothèques et Documentation (CFIB) qui œuvre depuis de nombreuses années pour, entre autre, permettre à des professionnels français et francophones de se rendre au congrès phare de l’IFLA. Mon établissement a également participé à mon au voyage en prenant en charge l’inscription au congrès et l’adhésion à l’IFLA.

 Complètement novice de ce genre d’évènements, je vais essayer de transcrire ici ma compréhension de ce rassemblement et de ses enjeux.

 

Jour 1 – L’importance des Standing Committees

Le congrès a débuté pour moi le samedi 15 par les réunions des Standing committees ou comités permanents (SC). L’IFLA est composée de plusieurs dizaines de sections (marketing, livres rares, catalogages, évaluation, etc.). Elles représentent les forces vives de la Fédération puisqu’elles produisent et diffusent largement leurs réflexions et travaux à travers le réseau, via des newsletters, des pages Facebooks ou tout autre moyen de communiquer.
Les SC ont aussi pour mission de préparer le congrès suivant en proposant une conférence de 2 ou 3 heures. S’ils sont vraiment dynamiques, ils organisent des satellite meetings en dehors du congrès pour présenter des travaux plus approfondis.
Réunion IFLA KM

SC Knowledge Management ; Crédit : Emilio Sim

J’ai assisté à deux SC – histoire de me rendre compte de la manière dont ils fonctionnent: Évaluation et statistiques et Knowledge management. Le dynamisme des SC dépend beaucoup du responsable (ou Chair) élu par les membres et de la composition du groupe. Les réunions durant le congrès (Business meeting) servent surtout à faire le point sur l’avancée des travaux de l’année et à accueillir les nouveaux membres, renouveler ou élire les officers (chair, secretary, information coordinator).

 

Le samedi se tenaient également les caucus, rassemblements des participants par langue ou zone géographique. Le caucus francophone regroupait des bibliothécaires du Canada, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, d’Égypte, de Belgique, de Madagascar et bien d’autres pays. L’actualité de l’AIFBD (association internationale francophone) et du CFIBD a été abordée ainsi que différents sujets comme le multilinguisme au sein de l’IFLA qui semble problématique (l’anglais devient de plus en plus prégnant, les autres langues officielles de la Fédération perdant du terrain). Ce fut aussi l’occasion de saluer les collègues réunionnais !

 

Jour 2 – Pata Pata et co-design finlandais

Le congrès a vraiment commencé le dimanche avec la réunion des newcomers, les nouveaux congressistes. Assez déçu par cette première conférence où je m’attendais à des éclaircissements sur l’énorme machine organisationnelle qu’est l’IFLA : quelle structure décisionnelle ? quels liens entre divisions et section ? Rien de tout ça. Ce furent plutôt des conseils pratiques à l’issue desquels nous devions recevoir un ruban « First timer » (que j’ai soigneusement évité).

 

Comme dans toute manifestation internationale d’envergure, nous avons pu assister à une cérémonie d’ouverture avec l’allocution de la Présidente Sinnika Sipilä, des interventions des représentants des bibliothèques locales, ainsi que des personnalités politiques de Cape Town et du Ministère de la culture sud-africain.

Opening session

CC by-sa : Natalia Molebatsi (IFLA)

 

En fil rouge et en clôture de session, un show fut présenté avec une conteuse retraçant à sa manière l’histoire de l’Afrique et de l’Afrique du Sud, une chanteuse (a priori célèbre) et un groupe avec chœur de jeunes qui ont repris des titres connus (Pata Pata de Myriam Makeba, un medley des tubes de Johnny Cleg et quelques hits du Roi Lion). Ce fut assez cliché mais plutôt enthousiasmant comme début de congrès.

 

Les conférences ont débuté juste après avec une première session au titre trompeur « the WOW factor ! What makes a great public library ? » Qui s’est avérée être une remise de prix de la meilleure bibliothèque publique (le vainqueur est la bibliothèque de Kista en Suéde).
La session suivante sur la conception et l’architecture des bibliothèques modernes fut nettement plus intéressante. On a pu y apercevoir le meilleur support de présentation du congrès (Audio-Spatial Co-design of Library Spaces. Implications from Case: Vantaa par J.Tuomas Harviainen et Harri Pikka) qui mêlait avec subtilité slides et vidéos d’ambiance de la bibliothèque. De quoi se rendre réellement compte de ce qui se passait dans l’établissement qu’ils décrivaient.

 

cfibd

Réunion des boursiers CFIBD Crédit : NA

Après l’ouverture du salon professionnel (petits fours et réseautage), les boursiers du CFIBD étaient conviés à une réunion sur la stratégie à adopter par l’association : meilleure communication sur ses actions, élargissement des évènements éligibles aux bourses, motion pour le renforcement du multilinguisme au sein de l’IFLA …

 

Jour 3 – Mesures et données

Le congrès IFLA connait parfois des incohérences en matière d’organisation. Ainsi, deux conférences sur des sujets semblables étaient organisées à la même heure, le même jour :

  • Measuring the Impact of Access to Information and Development – Mesurer l’impact de l’accès à l’information et au développement. Organisée conjointement par les Sections Library theory et research et Evaluation & Statistics
  • What is value ? – Qu’est-ce que la valeur. Organisé conjointement par les comités Management & Marketing, Research Libraries et le groupe d’intérêt spécial sur les E-metrics.

J’ai assisté à la première tout en suivant la seconde sur les réseaux sociaux grâce, notamment, au live-tweet de Silvère Mercier, membre de la section Marketing.

Sur des sessions aussi longues (2 ou 3h) avec autant de speakers (jusqu’à 8 ou 9), les interventions sont forcément inégales. Celles de Mesurer l’impact furent de bonnes factures dans l’ensemble, particulièrement la première partie avec des interventions passionnantes sur l’évaluation des projets financés par la fondation Bill et Melinda Gates (fondation qui a cessé de financer les projets liés aux bibliothèques récemment). Les projets financés ont fait l’objet d’une évaluation très pointue mais aussi d’un gigantesque rassemblement de données sur l’amélioration de la vie des personnes bénéficiaires. Ce hub de données (accès sur inscription !) se veut également un outil de data visualisation et d’infographie, pour aider à convaincre les dirigeants et tutelles.

Ces deux sessions portaient sur des sujets en vogue depuis 2-3 ans : le calcul de la valeur et de l’impact des bibliothèques et de leurs actions sur l’environnement qui les entoure . En quoi les bibliothèques améliorent-elles l’accès à l’information, et même la vie de leurs usagers ? comment les bibliothèques participent-elles à la réussite des étudiants ? etc.
Une norme ISO 16439  sur les méthodes de calcul de l’impact des bibliothèques a récemment été publiée ( mais bien trop coûteuse pour être diffusée largement).
Si on ne devait souligner qu’un élément de cette conférence, c’est qu’au final, ce ne sont pas les chiffres qui importent le plus, ce sont les histoires personnelles derrière ces chiffres et ce sont celles que nous devons capter et raconter lorsque nous défendons l’action de nos institutions.

 

Autre sujet ayant le vent en poupe, les données de la recherche, c’est à dire toutes les données produites par les chercheurs dans le cadre de leurs travaux scientifiques. A l’avenir, ces données seront de plus en plus structurées, enrichies, exposées et accessibles afin de vérifier la reproductibilité des résultats, condition indispensable de toute recherche. Cette thématique a fait l’objet de plusieurs sessions, dont l’une à laquelle j’ai assisté Construire des ponts entre données de la recherche et bibliothèques. Les exemples présentés (Canada, Afrique du Sud, États-Unis, LIBER) montraient comment les bibliothèques se sont emparées de ce sujet pour accompagner les chercheurs dans des Plans de gestion des données.

 

Atelier AIFBD/CIFBD

Atelier AIFBD/CIFBD

Le lundi s’est terminé tardivement avec un atelier commun AIFBD/CFIBD afin de réfléchir à certains points comme le multilinguisme ou la défense du rôle des bibliothécaires. Toujours intéressant de confronter son expérience avec des collègues francophones.

 

Jour 4 – Apartheid, café et dancefloor

DistrictSix2Mes deux derniers jours de présence ne comportaient pas d’interventions aussi pertinentes que celles du lundi. J’ai profité de la matinée pour visiter le District Six Museum, lieu de mémoire d’un quartier à forte majorité noire et « coloured » (tel que les métis étaient appelés au temps de l’apartheid) qui fut totalement rasé et vidé de ses habitants suite au passage d’une loi décidant que le quartier serait désormais uniquement blanc. Témoignages poignants et scènes de la vie quotidienne en font un musée assez attachant malgré son côté artisanal.

 

KMCafé

Table thématique du Knowledge Café. Crédit Emilio Sim

Puis direction le centre des congrès où j’ai participé au Knowledge Café organisé par les Sections Knowledge Management et Bibliothèques parlementaires, une sorte de camp, moment moins formel que les Business meetings ou les conférences. 12 thématiques liées aux enjeux du Knowledge management réparties sur 12 tables. 20 minutes d’échanges sur la perception et l’expérience des 7-10 participants puis on change de table en même temps que de thématique. Un modérateur était présent pour impliquer les participants et faire le liant entre chaque session.

J’ai ensuite visité le coin des posters de l’IFLA (plus de 140 !) relatant des travaux, services ou promotion des bibliothèques (le poster gagnant).

Nous attendions surtout la Cultural Evening, soirée phare de l’IFLA, avec buffet, show et DJ, qui débutait un peu plus tard. Cet événement fut encore l’occasion de rencontrer des collègues de différents pays, de discuter des plats servis avec les bibliothécaires sud-africains ou de féliciter des collègues pour la qualité de leur présentation vue quelques jours plus tôt. Tout était prétexte à rencontres, échanges et ouvertures sur d’autres cultures professionnelles, ce fut pour moi la plus grande réussite de cet événement.

 

 Jour 5 – Signal de fin et Ferrero

SignalHill2000

Cape Town vu de Signal Hill, Table Mountain en face

Après un tour sur Signal Hill, colline surplombant Cape Town, faute de pouvoir rejoindre Table Moutain, trop venté, il était temps de profiter de mes dernières sessions. L’enchaînement des conférences, les interventions en anglais et le déficit de sommeil ont tout de même pesé sur les organismes et la faculté à rester attentif jusqu’au bout.

Change and sustainability – Breaking paths for a world of balance organisé par la Section Knowledge Management, décidément très active sur ce congrès.

Surprise Yourselves! New Models of Reference and Information Services, conférence de la Section Reference and Information Services fut remarquable par la variété et la qualité des interventions. La session se voulait un panorama des nouveaux dispositifs de renseignement dans des contextes difficiles : la révolution des tournesols à Taipei, le complexe terrain nigérian, le déficit de bibliothèques scolaires en Afrique du Sud ou l’effondrement des demandes de renseignement dans les bibliothèques universitaires australiennes.

Après l’inévitable assemblée générale, aux modalités de vote si particulières, la délégation française s’est réunie sur invitation du Consulat français en Afrique du Sud (pas de Ferrero, terrible déception). Ambiance feutrée pour fin de congrès.

Ce que je retiens

  • Le Congrès de l’IFLA est un évènement à faire au moins une fois dans sa vie, il s’en dégage une énergie et un optimisme revigorant et tellement peu français quant à l’avenir des bibliothèques, je n’avais pas ressenti cela lors d’autres congrès
  • Côtoyer les collègues francophones au sein du CFIBD fait prendre conscience de la situation menacée de notre langue dans des zones géographiques à forte majorité anglophone (Afrique subsaharienne, Québec)
  • Le congrès m’a permis de mettre des visages, des voix et des histoires sur des pseudonymes Twitter, ma principale ressource d’échanges professionnels
  • Participer activement à un Standard Committee ne semble pas vraiment reconnu comme élément déterminant d’une carrière professionnelle en France. J’ai l’impression que ça l’est plus à l’étranger.  Néanmoins, cela reste particulièrement enrichissant aussi bien en connaissances qu’en relations professionnelles
  • Malgré une criminalité bien présente (plusieurs délits recensés sur des collègues durant le congrès), Cape Town est une ville agréable avec une population très ouverte.
  • Pour cette première participation, j’ai eu la chance d’être accompagné par Julien Sempéré dont c’était le troisième congrès. Sa connaissance des arcanes de l’institution et des membres furent précieuses pour mon adaptation. Je l’en remercie une nouvelle fois.
  • Le CFIBD fournit un travail exceptionnel en permettant à des professionnels de tous horizons d’enrichir considérablement leur expérience en participant à ce congrès
  • La position d’observateur ne permet pas de profiter pleinement du congrès. S’investir dans une section et participer aux réflexions en cours dans un Standing Committees semble plus efficace. Ces derniers recrutent régulièrement de nouveaux membres mais cela nécessite un engagement à participer aux réunions et congrès suivants. Engagement difficile à tenir dans des petites structures.
Tous les articles des interventions sont disponibles au moins en anglais sur l’archive ouverte de l’IFLA. Le congrès a eu un large écho sur les réseaux notamment Twitter avec le hashtag #wlic2015.

Mandiaye Ndiaye, conservateur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar revient sur son expérience du congrès 2015.

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La crème de l’évaluation en bibliothèque – La Northumbria Conference

Posté dans Assessment / Évaluation.

NorthumbriaLa Northumbria International Conference on Performance Measurement in Libraries and Information Services  (Conférence internationale sur la mesure de la performance dans les bibliothèques et les services d’information de Northumbrie) est probablement l’un des principaux évènements en matière d’évaluation en bibliothèque avec la Library Assessment Conference de l’ARL aux États-Unis.

Cette conférence organisée par l’Université d’York (dans la région de Northumbrie) a tenu sa 11e édition à Edinburgh à la fin du mois de juillet dernier. Le programme était pléthorique et recouvrait une très large palette des sujets du moment en matière d’évaluation : impact des bibliothèques, culture de l’évaluation, UX, évaluation de l’usage des espaces,… sans oublier Libqual+.

Les présentations (plus de 70) sont disponibles en téléchargement sur un dossier Google Drive partagé. Le congrès a également été bien représenté sur twitter avec le hashtag #north11conf et un storify en a été tiré.

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HAL et le bouton « Tiré à part » : une si discrète révolution

Posté dans Open acces / Archive ouverte.

Bouchon de champagneOctobre est un peu le mois de l’Open access, il y a bien sûr la semaine internationale de l’Open access (20-26 octobre) mais les festivités débordent largement ces 7 jours. La BIU de Montpellier avait anticipé l’OA Week en proposant une journée d’information dés le 3 octobre où intervenait notamment Mme Christine Berthaud, directrice du CCSD (service du CNRS qui administre l’archive ouverte HAL). Jusque là rien d’extraordinaire. Les interventions étaient live-twittées, mais aucun scoop n’a filtré.

4 jours plus tard, au détour d’une conversation sur Twitter à propos des modifications attendues dans la version 3 de HAL, Jean-François Lutz, responsable de la bibliothèque numérique à l’Université de Lorraine annonce :

Stupeur.

Le bouton « Request a copy » ou « Tiré à part » est une fonctionnalité toute simple. Un article est référencé sur une archive mais pas disponible ? pas grave, le bouton « Request a copy » envoie un message à l’auteur qui accepte ou non de donner accès au texte intégral. Cela semble anodin mais ça change tout.

Un plus pour les négociations

Je fais partie de ceux qui pensent qu’il n’y a point de salut hors du dépôt systématique et contrôlé des publications d’une institution. L’incitation ne fonctionne pas, les établissements ayant mis en place une politique de dépôt systématique sont des exemples éclatants de la réussite de ce modèle : Liège bien sûr mais aussi l’INRIA ou l’IFREMER.
La position défendue par Steven Harnad du Immediat Deposit / Optionnal access est très probablement celle qui combine le mieux intérêt général et pragmatisme du terrain. C’est la voie qui je préconise au sein de mon Université.

Lors des négociations avec les laboratoires, nous insistons sur le caractère quasi obligatoire du dépôt de la production locale : plus visible, plus lu, plus citable en plus d’un pilotage de la recherche amélioré et d’une valorisation facilitée. Bien évidemment, la question des articles ne pouvant pas être mis à disposition revient sans cesse. Les raisons sont nombreuses : revue qui n’autorise pas le dépôt en archive ouverte (nombreuses en chimie et en sciences juridiques) ou après embargo (qui paradoxalement devient la norme de la diffusion en libre accès), rapport contenant des données confidentielles, etc.
Que faire de ces documents ? Comment les rendre accessibles en respectant les contrats signés avec les éditeurs ?

HAL enfin compatible avec le dépôt systématique ?

Pour les utilisateurs de HAL et en l’absence de bouton « Tiré à part », il est parfois difficile de répondre à ces questions. Le simple référencement est une solution peu convaincante quand on vise le dépôt systématique. HAL était-il définitivement incompatible avec un mandat Open Access? Paradoxal et presque absurde tant cette plateforme est devenue incontournable de le paysage scientifique français.
C’est là que l’annonce de cette nouvelle fonctionnalité change tout. Elle nous octroie un argument supplémentaire de poids dans nos discussions. « Vous ne souhaitez pas mettre vos articles en libre accès sur le web ? Très bien, référencez les, déposez le fichier sur notre archive. Nous ferons le point sur leur visibilité et leur citabilité, plus tard ». Ce bouton lève également certains obstacles à l’adoption de HAL comme archive ouverte institutionnelle. C’était l’un des arguments qui poussaient les établissements à développer leur propre solution logiciel. Mme Agnès Magron, membre du CCSD, s’en étonnait récemment lors de la Journée d’étude sur le droit d’auteur organisée à l’Université d’Angers.

Stupeur, donc, que cette fonctionnalité si importante dans le cadre d’une politique de dépôt systématique ne soit pas plus médiatisée.

Devant notre circonspection, Jean-François confirme :

Pourtant, le diaporama de l’intervention ne mentionne pas cette nouveauté, aucune annonce plus officielle que l’intervention de Mme Berthaud à Montpellier, aucun mail sur les listes HAL-info ou Accès ouvert. Rien non plus sur le blog du CCSD qui se fait l’écho-compte à rebours de l’arrivée si attendue de HAL V3. Le dernier post présentant les nouvelles fonctionnalités sous forme d’abécédaire ne dit rien sur le sujet.

A-t-on rêvé ? Est-ce un malentendu ? La nouvelle est si importante qu’il serait dommage de s’enflammer pour rien.

Mais oui, l’annonce a bien eu lieu. Je reproduis ici le passage in extenso (entre 42min 00s et 42min 48s) :

« En conclusion, HAL est une archive ouverte mais vraiment ouverte. C’est à dire que nous, pour le moment, tous nos documents sur HAL sont accessibles. Sur les portails, on peut mettre en place le bouton « Tiré à part » c’est à dire qu’on va demander … un document est invisible et … on a simplement l’affichage des métadonnées on va demander à l’auteur via un système automatique de messagerie, ou en tout cas au déposant, s’il veut bien envoyer une version. Donc s’il accepte, le fichier PDF repart dans l’autre sens et la personne qui a demandé a accès à l’article. Mais dans HAL, on joue le jeu de l’archive ouverte institutionnelle même si dans les portails on peut gérer autrement.« 

Discrétion

Les portails institutionnels pourront donc proposer le bouton. L’option ne sera pas disponible sur l’instance générique HAL, uniquement sur les portails. C’est une excellente nouvelle même si nous attendons maintenant les spécifications techniques : comment seront stockés les documents ? Accessibles à qui en back office ? quelle adresse de messagerie sera utilisée ? Quid des thèses ?
La fonction « Tiré à part » couplé à l’implémentation des identifiants IDHAL (et sa gestion améliorée du curriculum du chercheur) devrait proposer une expérience intéressante à la fois pour le lecteur et le dépositaire.

Mais une question me taraude. Pourquoi une si grande discrétion ? Pourquoi ne pas annoncer le bouton comme les autres fonctionnalités voire comme une avancée majeure, car étant attendue par beaucoup de gestionnaires HAL dans les universités ?

Le CCSD est depuis longtemps réfractaire à l’idée du bouton « Tiré à part », ce n’est pas un secret. Ils semblent y voir un dévoiement du mouvement de l’Open access en proposant, de notre plein gré, une nouvelle barrière à l’accès immédiat. Ce n’est pas faux. L’accès libre, gratuit et immédiat sont les fondements de l’Open access, c’est ce vers quoi nous devons tendre. Mais le constat ne joue pas en notre faveur. Malgré des années d’efforts, le mouvement peine à trouver un rythme en France, alors que nos voisins européens semblent en avance à la faveur de politiques nationales fortes (Allemagne, Italie, Royaume-Uni).
De plus, le bouton n’est peut-être pas du « pur » Open access mais que dire des conditions fantaisistes de dépôt d’articles proposées par les éditeurs français au sein d’Héloïse, site hébergé par le CCSD ?

Les politiques de dépôt systématique doivent fleurir en France, nous ne pouvons plus nous contenter du modèle liégeois si stimulant mais limité dans le contexte français. Dans les prochaines années, j’aimerais bien voir les exemples d’Angers, de ParisTech ou de l’INRIA cités en modèle lors des conférences sur le sujet.
Si le dépôt systématique est l’avenir de l’Open access, le bouton « Tiré à part » en est une étape importante. Nous devons nous réjouir de son implémentation dans HAL et nous devons le faire savoir.

[MISE A JOUR DU 14/10/2014 12:50]

Le rapport de Serge Bauin intitulé L’Open access à moyen terme : un feuille de route pour HAL daté de septembre 2014 mais diffusé aujourd’hui éclaire parfaitement certains points de ce billet (p.6):

  • La position envers l’ouverture des archives institutionnelles est sans ambiguité : « Une archive institutionnelle doit-elle être entièrement ouverte ?On aurait envie de répondre oui,mais si la vocation d’une archive institutionnelle est bien celle d’une archive, c’est à dire visant à conserver tout ce qui mérite de l’être, la réponse est non. Pour autant de raisons que l’on peut imaginer, certains objets doivent pouvoir rester en accès restreint« .
    Le rapport va même plus loin en y associant la garantie de pérennité d’accès aux documents restreints : « Le service de préservation à long terme au CINES qu’offre HAL doit pouvoir s’étendre potentiellement à la totalité de la production d’un établissement« .
  • Sur le bouton « Tiré à part », le rapport précise « Concernant la gestion des éventuels embargos : la possibilité de mettre en place un bouton de demande à l’auteur de tiré-à-part par mail, telle que mise en place dans EPrints et DSpace, permettant à un lecteur potentiel d’accéder quand même au document pendant la durée d’embargo, devrait être offerte aux institutions qui le souhaitent. » Là aussi, le rapport va plus loin en évoquant un accès intranet « Dans la même idée d’ouverture partielle, peut-être HAL devrait-t-il pouvoir gérer un contrôle d’accès de type intranet pour que l’accès total reste possible au sein d’une institution.« 
  • Héloïse est clairement dans le viseur « La question du maintien et du support du service Héloïse mérite d’être examiné. »
  • La question de la communication autour du projet HAL est également abordée (p. 9-10)

Le rapport fait aussi le point sur le manque d’organisation du CCSD pour relever le défi d’une plateforme nationale et sa situation en sous-effectif. Enfin, il ne fait qu’évoquer ce qui sera à mon sens le prochain enjeu majeur des relations entre CCSD et établissements partenaires : la question de la tarification. Compte tenu des services d’hébergement, de maintenance et de l’intérêt des universités pour les archives ouvertes institutionnelles, le paiement forfaitaire actuellement modique pour la mise en place d’un portail ne sera pas soutenable très longtemps.

Crédit photo : Champagne, faberzeus.tirage-art, CC by-nc-sa

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Réflexion(s) de terrain sur un projet d’archive ouverte (1)

Posté dans Open acces / Archive ouverte.

soccerquelques réflexions suite aux discussions avec les chercheurs rencontrés à propos d’un projet d’archive ouverte à l’Université de La Réunion.

La dernière version auteur (One version to rule them all)

Il n’y a qu’à voir l’offensive des éditeurs, Elsevier en tête et plus récemment l’American Society of Civil Engineers pour comprendre que la version éditeur d’une publication (le pdf mis en page par la revue) n’est pas prête d’être libérée pour l’archivage en open access.

La dernière version auteur d’une publication est importante pour le dépôt dans une archive ouverte. C’est, dans la très grande majorité des cas, la seule version fiable, c’est à dire évaluée par les pairs, sur laquelle le ou les auteurs conservent leurs droits suite à la signature du contrat de cession de droits au profit de l’éditeur (Copyright Transfert Agreement).

Mais qui possède vraiment cette version sur son ordinateur ? de la toute dernière version envoyée à l’éditeur ou téléchargée sur la plateforme de suivi de publication (Elsevier Editorial System ou MyPublication chez Springer) ?

Nous n’atteignons pas encore les records des publis pour des tests cliniques ou pour des projets de très grande envergure type LHC qui font apparaître plusieurs centaines d’auteurs pour un simple article, mais le co-autorat est la norme dans les publications en sciences et techniques qu’il m’ait été donné de voir dans mon université. En discutant avec les co-auteurs, on s’aperçoit qu’ils ne disposent ou conservent pas systématiquement la dernière version transmise à l’éditeur par l’auteur correspondant. Il font confiance à ce dernier qui garantit apparemment la conservation de cette version sans forcément la partager.

Or, si le dépôt systématique de la production scientifique est envisagé (comme ce devrait être le cas partout), le contrôle et la traçabilité de la dernière version auteur ne sont plus seulement importants mais primordiaux. Chaque co-auteur doit pouvoir disposer de la version la plus à jour pour l’ajouter éventuellement à son archive institutionnelle. Cela signifie, entre autres, revoir les habitudes de publications des chercheurs et leur gestion électronique des documents. Pas une mince affaire.

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La bibliothèque au coeur de l’activité bibliométrique des universités : bonne ou mauvaise idée ?

Posté dans Aut'trucs, Saines lectures.

EscalierDurant les années 2000, les bibliothèques suédoises ont ressenti le besoin de redéfinir leurs missions et leurs rôles par rapport à la communauté qu’elles desservaient, c’est ce que nous apprend l’article How implementation of bibliometric practice affects the role of academic libraries de Fredrick Aström (Lund University Libraries) et Joacim Hansson (Linnaeus University) parue dans Journal of Librianship and Information sciences mais disponible en Open Access sur l’archive de l’Université de Lund. Le constat était simple : baisse d’activité sur les missions dites traditionnelles (recherche et organisation de l’information) et importance accrue de la documentation en ligne, émergence de nouvelles pratiques de publication des résultats de la recherche, développement des outils de recherche poussant au développement de nouveaux services pour les chercheurs, augmentation de la diffusion de la recherche en Open Access.

Changer de rôle

Animées par un groupe de spécialistes (groupe de bibliothécaires spécialistes ou intéressés, chercheurs en Sciences de l’information et des bibliothèques, bibliothécaires-enseignants ayant une longue expérience en analyse infométrique), les bibliothèques des universités suédoises se sont donc lancées dans la construction de compétences professionnelles en bibliométrie. Des cours et des formations sur les méthodes et les applications de la bibliométrie ont été dispensés localement et au niveau national.

La Suède n’était pas isolée dans ce mouvement, l’Allemagne et les Pays-Bas ont également suivi.

Sur les 48 institutions d’enseignement supérieur et de recherche en Suède, 18 d’entre elles proposent une activité dans la biblio/scientométrie, la plupart gérée par la bibliothèque. Pour ces dernières, la situation varie sensiblement entre les bibliothécaires qui travaillent sur la bibliométrie « quand ils ont du temps libre » et les postes à temps plein. Le parcours des professionnels en charge de ces missions sont également assez hétérogènes, on trouve des bibliothécaires avec un Master en Sciences de l’information et des bibliothèques mais sans grande connaissance de la biblio/scientométrie et des docteurs en statistiques ou dans d’autres champs de recherche proches des méthodes quantitatives.

Prendre l’initiative

Il est intéressant de noter que l’initiative de gérer les questions bibliométriques provient souvent de la bibliothèque elle-même. Pour les plus grandes universités, cela peut s’accompagner d’un mandat officiel de la présidence pour produire des analyses bibliométriques en vue de l’évaluation de la recherche. Car les analyses produites par les bibliothèques visent en premier l’évaluation de la recherche et/ou la fourniture de données pour la répartition des fonds budgétaires au niveau local. Mais il existe d’autres objectifs à ces analyses : cartographie des champs de recherche, recherche sur les collaborations en étudiant le co-autorat, production d’analyses spécifiques pour des chercheurs ou des groupes de recherche. Certaines bibliothèques ont même un usage local des analyses pour le management des collections.

Raisons, avantages, inconvénients

Il y a 3 raisons qui expliquent que les bibliothèques universitaires investissent ce nouveau rôle :

  1. elles disposent depuis de nombreuses années de compétences dans la manipulation des bases de données bibliographiques, des documents, des métadonnées et des outils bibliographiques utiles à l’analyse bibliométrique
  2. la bibliothèque reste une entité stable de l’université qui n’est pas directement concernée par les résultats des analyses bibliométriques. Elle est dans une position neutre et objective par rapport aux départements et laboratoires évalués

  3. la bibliométrie est au cœur du rôle des bibliothèques dans le processus de diffusion scientifique. grâce au développement et à la gestion des dépôts institutionnels et à leur rôle actif dans la propagation de l’Open Access.

La responsabilité des questions bibliométriques n’implique pas seulement un  changement de rôle pour les bibliothèques, elle engendre également plus d’attention et de prestige vis-à-vis des instances de l’université.

Au chapitre des avantages d’une telle prise en charge, on peut citer le fait que la bibliométrie ajoute des responsabilités et élargit les compétences des bibliothécaires. Ce rôle élargi a augmenté la visibilité de la bibliothèque au sein de l’établissement en accroissant notamment les coopérations avec les chercheurs. Enfin, l’augmentation de la collaboration avec la direction de l’université conduit à un engagement plus important dans le processus de management, ce qui contribue au prestige et à l’influence de la bibliothèque.

Mais s’immiscer dans la question bibliométrique n’est pas sans risque. Ce domaine nécessite des compétences avancées en méthodes statistiques en général et en indicateurs bibliométriques en particulier ; on ne s’improvise pas bibliométricien. Les relations entre bibliothèques et chercheurs ont tendance à changer de registre si la bibliothèque s’occupe de l’évaluation de la recherche. Les compétences des bibliothécaires les rendent-elles légitimes comme évaluateurs auprès des chercheurs ? Il y a également un risque que la bibliothèque soit associée aux mauvais résultats des départements évalués si les attentes ne sont pas remplies. Le principal danger provient du fait que la bibliothèque, perçue comme service ou fonction support de l’université, devienne auditeur ou évaluateur, presque juge des chercheurs.

Et en France ?

Je n’ai pas de trace d’un tel mouvement en France. Les exemples de bibliothèques gérant les données bibliométriques des laboratoires sont peu nombreux. Je n’ai trouvé que le cas de la Bibliothèque Inter-Universitaire de Montpellier qui proposait un profil de ce genre.

En France, l’analyse bibliométrique des universités est centralisée (oh surprise !) par l’Observatoire des Sciences et des Techniques, un groupement d’intérêt public (GIP) qui fédère 4 ministères, les principaux organismes de recherche (CNRS, CEA, INSERM, etc.) et la Conférence des Présidents d’Université. La principale mission de l’OST est de « concevoir et de produire des indicateurs et des analyses relatifs à la recherche et à l’innovation, pour éclairer les politiques publiques et les analyses stratégiques dans ce domaine« . L’Observatoire produit également de très intéressantes notes comme celle sur la couverture bibliométrique de l’informatique ou celle sur les classements internationaux des universités (février 2012).

Au sein de l’OST, le projet IPERU (pour Indicateurs de production des établissements de recherche universitaire) a pour but de construire les indicateurs de la production scientifique des établissements participants. Le programme a débuté par un test en 2006, puis par élargissements successifs à partir de 2007. La dernière vague a concerné les indicateurs sur les publications, les participations au PCRD et les brevets.

Chaque année, un rapport détaillé et des synthèses sur l’activité bibliométrique sont envoyés aux universités. L’équipe IPERU collabore avec les universités pour le repérage des adresses des laboratoires à évaluer, question qui peut sembler triviale mais enjeu essentiel pour un recensement fiable et exhaustif.

Malheureusement, les liens entre OST et bibliothèques semblent inexistants, tout semble se jouer à un autre niveau : direction de la recherche, département Évaluation.

Toujours est-il que la question bibliométrique revient en force dans les BU par l’intermédiaire des archives ouvertes, et dans ce cas, de plus en plus de bibliothèques sont prêtes à assumer ce nouveau rôle.

 

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Formation à distance aux tests d’utilisabilité : il reste des places !

Posté dans Enquêtes, Outils, Utilisabilité.

image d'illustrationLa deuxième session de la formation à distance « Améliorer vos outils numériques avec l’utilisabilité » aura lieu du 2 au 29 juin. Il reste encore des places disponibles donc précipitez-vous ! (en fait , c’est normal s’il reste des places pour une formation à distance mais il faut bien créer le suspense).

En 4h, cette formation vous fera comprendre comment les outils numériques que vous avez mis en place (catalogue, site web, service de renseignement en ligne, bibliothèque numérique, etc.)  sont manipulés par vos utilisateurs, en quoi ils échouent et réussissent dans les tâches et comment les améliorer grâce aux tests d’utilisabilité.

Ces tests peuvent s’appliquer à différents outils à n’importe quel moment de leur cycle de vie, aussi bien lors de la préparation d’un nouveau site pour régler les derniers détails que juste après son lancement pour corriger certains points ou en milieu de vie pour une légère refonte.

La formation fait d’abord le point sur le concept même d’utilisabilité (usability en anglais) avant de présenter pas à pas tous les aspects des tests de la définition des scénarios à l’analyse des mesures en passant par le recrutement des participants. Suite aux remarques des précédents stagiaires,  une partie consacrée aux tests sur appareils mobiles a été ajoutée.

La formation alterne présentations vidéo des notions ou d’exemples significatifs et exercices permettant d’apporter de nouveaux éléments. Vous suivez les modules à votre rythme selon vos disponibilités et nous échangeons et approfondissons le contenu par des séances de chat planifiées ou via le forum de la plateforme.

La formation à distance est payante mais vous rentrerez rapidement dans vos frais grâce aux montants que vous économiserez avec à l’amélioration de vos outils numériques (formation, prestation externe).

Pour plus d’informations, vous pouvez contacter le service de la formation continue de l’ENSSIB (formationcontinue@enssib.fr).

crédit photo : Marshmellow Men | James Vaughan | CC BY-NC-SA

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ESGBU nouvelle formule : un pas en avant, deux pas en arrière

Posté dans Enquêtes, Libqual+, Normalisation.

photo de coffre-fort
Ce billet ne contient pas d’ESGBU-bashing. Merci de votre compréhension.

L’ADBU (Association des directeurs de bibliothèques universitaires) a finalement publié les réflexions autour de la refonte de l’ESGBU. Le rapport de la société Six & Dix pointe bien un certain nombre d’écueils : trop grand nombre d’indicateurs à renseigner, manque de cohérence entre les enquêtes nationales (ESGBU et ERE par exemple), faible mise en valeur des services à forte valeur ajoutée, indicateurs parfois restreints et pourtant considérés comme cruciaux par les tutelles (horaires d’ouverture notamment), etc.

Un pas en avant

Les propositions d’améliorations vont dans le bon sens, celui d’une simplification. Finies les données sur les collections à renseigner par type de support physique, terminé le casse-tête pour remplir les infos budgétaires, au revoir la distinction relou entre public Lettres et publics Sciences au sein d’une même section documentaire. Je ne vais pas vous regretter.

Le rapport préconise aussi de compléter le quantitatif par du qualitatif, des références à la future norme sur l’impact des bibliothèques ISO16439, bref que des choses auxquelles je souscris complètement.

Deux pas en arrière

Passé ce moment d’euphorie, on s’aperçoit que les nouveautés envisagées (fichier xslx) vont produire leur lot de problèmes.

Pour la documentation électronique, l’ESGBU nouvelle formule demande le nombre de sessions, de requêtes ou de documents téléchargés pour toutes les ressources électroniques. Or, construire un tel indicateur n’a aucun sens compte tenu des conditions de production des statistiques : mélanger statistiques Counter et non-Counter n’est pas une bonne idée même si c’est souvent pratiqué (voir les travaux du groupe MESURE à ce sujet).

Il y aura un indicateur Satisfaction des usagers dans la future ESGBU. Super ! ça fait longtemps qu’on aurait du dépasser les indicateurs de moyens et d’usages dans une enquête de cette envergure pour intégrer la satisfaction de l’usager. Cet indicateur est présent dans la norme ISO11620 sur les indicateurs de performance (2008) et apparaît même dans la liste des indicateurs-clés préconisés par l’IFLA et BIX (le référentiel statistiques des bibliothèques allemandes). Donc, très bien, on ajoute la satisfaction des usagers à l’enquête… mais au fait, comment ? Il y a bien des pistes, la norme Indicateurs de performance préconise une enquête par questionnaire (p. 62) :

Établir un questionnaire simple énumérant les services spécifiques et/ou les aspects de ces services que l’on
veut évaluer.
(…)
Prendre au hasard un échantillon d’usagers et demander à chacun de remplir le questionnaire. On peut
recueillir les données à l’aide d’un questionnaire envoyé par la poste, par voie électronique, par une entretien
en face à face, par un entretien téléphonique, comme jugé opportun.
La Satisfaction des usagers exprimée en moyenne pour chaque service ou pour chaque aspect d’un service,
IAUS, est égale à
I AUS = A/B

A est la somme des valeurs données par les usagers à chaque service;
B est le nombre de personnes ayant répondu aux questions.

Ok, ça semble la solution la plus logique. Mais combien de bibliothèques produisent déjà ce chiffre régulièrement ? avec des conditions de production identiques ? à mon avis, peu. Combien pourront/voudront le mettre en œuvre ?
Si on souhaite uniformiser cet indicateur, il faudra s’entendre sur la formulation de la question, sur les modalités, sur la passation pour éviter les biais possibles. Pas une mince affaire.
Le rapport Six & Dix envisage une autre piste : généraliser Libqual. C’était un peu le (mon) but inavoué à son introduction dans les universités françaises en 2008 : compléter l’ESGBU par des données qualitatives orientées usager et produites à partir d’un référentiel commun. La généralisation n’est pas encore atteinte mais Libqual suit son chemin depuis 5 ans (37 établissements l’ont déjà utilisé, une journée Libqual-fr de retours et d’échanges est organisé chaque année).
Il y a pourtant un souci, un gros même. Libqual ne mesure pas la satisfaction des usagers. Il évalue la qualité des services, c’est très différent. L’article fondateur de la méthode SERVQUAL (à l’origine du protocole Libqual) l’explique bien

Consistent with the distinction between attitude and satisfaction, is a distinction between service quality and satisfaction: perceived service quality is a global judgment, or attitude, relating to the superiority of the service, whereas satisfaction is related to a specific transaction.

La satisfaction s’applique à une interaction particulière (ou son absence) alors que la qualité des services est un jugement global sur notre rapport à l’entité (espaces, personnels, services) avec laquelle nous interagissons. Il faudra faire un choix, on ne pourra pas mélanger indice de satisfaction et mesure Libqual .

Pour son crédit, le rapport indique que ces quelques points (stats d’usage des ressources électroniques, Satisfaction des usagers) font partie de la catégorie « Données difficiles à obtenir » et devront faire l’objet de réflexions plus poussées (et plus ouvertes et transparentes que celles qui ont mené à ce rapport, je l’espère).

Le rapport précise aussi qu’il faudra « donner une définition précise à chaque donnée ». Oui, évidemment les normes sont faites pour ça, surtout ISO2789 (Statistiques des bibliothèques). Mais l’important, ce n’est pas la norme dans ce cas mais son interprétation dans un gigantesque patchwork de cas particuliers. Sur ce point, on aurait besoin de retours d’expérience, de confrontations de points de vue et de jurisprudences (une mailing-list ESGBU ? Et pourquoi pas une journée ESGBU ?)

Le coffre-fort

Mais le principal problème n’est pas dans ce que je viens d’énumérer. Le principal problème ne se situe même pas dans l’ESGBU.
Le rapport débute en couplant la réflexion autour de l’ESGBU (l’enquête, les données) et d’ASIBU (l’outil permettant d’exploiter ces données) or ASIBU disparait complètement de la réflexion à la fin du document, aucune info plus précise que l’intégration des données dans le portail Statistiques de l’enseignement supérieur PAPESR (attention, cette adresse URL vous mène sur une page d’identification, sans login/mot de passe vous ne pourrez pas accéder au portail).
Le véritable recul est à ce niveau. On peut trouver tous les défauts à ASIBU : pas à jour, moche, mal fichu, pas intuitif, les données sont pourtant accessibles. Je n’ose pas dire ouvertes parce que ça ne répond pas à tous les critères d’ouverture des données ; mais on peut y accéder et l’utiliser sans login/mot de passe (apparemment délivrés manuellement comme l’a remarqué Etienne Cavalié aka Lully1804 quand il a essayé d’exploiter les données).
Donc, on simplifie et on modernise mais on place tout ça dans un joli coffre-fort. Quelle est la logique ? au moment où les bibliothèques investissent le terrain de l’open access, on déserte celui de l’open data. J’aimerais bien entendre les positions de l’ADBU et de la MISTRD sur cette question.

C’est, aussi, un peu étrange qu’à l’heure de data.gouv.fr, PAPESR se planque derrière une barrière (à moins que son transfert ne soit en chantier).
A mon sens, le problème de l’ESGBU, ce n’est pas (que) la redondance des données, la gageure de devoir le remplir. C’est plutôt qu’il a perdu tout son sens. à quoi sert la collecte des données si on ne perçoit plus l’utilité de la faire ?
Pourquoi aujourd’hui s’embêter à saisir l’ESGBU si on ne peut comparer nos données que dans 3 ans, dans une interface vieillotte qui nous empêchera de triturer les chiffres comme nous le souhaitons ?
Où sont les analyses fouillées, régulières, sur le temps long qui nous montrent chiffres à l’appui la baisse/hausse des prêts, des entrées, du PEB, la sous-dotation des services Bibliothèque électronique, l’explosion de leur budget, les tendances et les fantasmes de notre profession ?

La véritable révolution de l’ESGBU se situe peut-être dans les réponses à ces questions.

 


[Notes de lecture] Focus group et test d’utilisabilité pour le nouveau design d’un site web de bibliothèque universitaire

Posté dans Enquêtes, Saines lectures.

Image d'une chouette - illustrationFocus Groups and Usability Testing in Redesigning an Academic Library’s Web Site (payant, Journal of Web Librarianship, avril 2008. Vol. 2, n° 2/3, pp. 219‑246). Merci à l’auteure Bonnie W. Oldham (Weinberg Memorial Library, University of Scranton)

Contexte

Nouveau site web sorti en 2007 après 2 ans de reconstruction en collaboration avec les usagers. Site sous le contrôle du département des relations publiques de l’université (5600 étudiants). Les commentaires Libqual en 2006 ont servi à confirmer ou infirmer les résultats des focus groups.

Méthodologies utilisées

Focus group

Focus group comme méthode principale pour déterminer la perception de la communauté universitaire sur le site web.

Composition

5 focus groups + 3 entretiens individuels

6 groupe de participants ciblés : enseignants, undergraduates, graduate, adultes en formation (adult learners), étudiants à distances (distance leaners) et moniteurs-étudiants du bureau de renseignement de la BU (work-study students employed at the ref desk).

7e groupe : étudiants handicapés mais pas assez de volontaires pour créer un groupe donc réalisation d’un entretien individuel.

Caractéristiques des participants aux focus groups : 80% d’étudiants, 20% d’enseignants. 50/50 entre hommes et femmes. 13 graduates et 5 undergraduates, 4 enseignants. Tous utilisent le site web (50% occasionnellement, 50% fréquemment), 75% ont assisté à au moins une formation.

Recrutement

Recrutement difficile : 900 lettres et 300 mails, rafraichissements proposés + incentives. 88 réponses (taux de réponse : 7.3%) 19 ont pris part aux focus groups (25%). Absence de volontaire pour le groupe adultes en formation, donc composition d’un 2e groupe de graduates. Pas d’undergraduate volontaires donc recrutement “sauvage” le jour du focus group pour que ce groupe soit représenté.

Déroulement

Tous les focus groups ont eu lieu dans la bibliothèque sauf celui du groupe des distances learners. Focus group réalisé à partir de l’interface du service de renseignement en ligne, un seul étudiant connecté (considéré donc comme entretien individuel)

L’image de la page d’accueil du site était diffusée lors des focus groups mais aucune manipulation du site.

Focus groups enregistrés et transcrits par le modérateur, entretien web retranscrit automatiquement, 2 autres entretiens non retranscrits, juste une prise de note.

Modération

Modérateur extérieur, étudiants du Counseling Training Center de l’Université (compétences spécifiques pour mener des entretiens), formés et briefés par la responsable du centre. D’autres étudiants étaient chargés de la transcription des séances modérées. L’auteure de l’article a modéré les entretiens individuels.

Grille d’entretien

Grille d’entretien réalisée par un comité comprenant enseignants, administrateurs et personnel de la bibliothèque. Beaucoup de questions produites lors d’un brainstorming, puis regroupées en 4 questions-clés, réécrites et transformées en questions ouvertes à la demande de la responsable du centre de formation des assistantes.

  • Question d’ouverture : « Dites nous votre nom et votre discipline (étudiant) ou votre département (enseignant) »
  • Question introductive :  » Lorsque vous faites des recherches, par quoi commencez-vous ? »
  • Question de transition : « Le but de ce focus group est d’évaluer l’utilité du site web de la bibliothèque Weinberg Memorial. Quelles sont vos attentes vis-à-vis d’un site web ? »
  • Questions clés :
    • « quel genre d’information cherchez-vous sur le site web de la bibliothèque Weinberg ? »
    • « Lorsque vous cliquez sur un lien, obtenez-vous le résultat (les informations) attendus ? si possible donnez des exemples précis. »
    • Est-ce facile ou difficile de trouver ce que vous cherchez sur le site ? donnez des exemples spécifiques.
    • Quelle est la chose que vous souhaiteriez changer sur le site ? est-ce que cela améliorerez le site web ?
  • Question de fin : « parmi tous les points/problèmes abordés, quel est celui qui vous semble spécifique au site web de la bibliothèque ? souhaitez-vous faire d’autres commentaires concernant le site web ? »

Résultats

  • Site facile à utiliser comparé à d’autres sites, mais quelques améliorations possibles.
  • Accès aux base des données surtout à distance, trop d’étapes, trop compliqué.
  • Problèmes d’identifiant, différent de celui du portail de l’université. Login/mot de passe propre à la BU difficile à retenir.
  • Problèmes sur les styles des pages web. Sentiment général : image de la BU + texte à gauche de la page la rendent agréable mais occupent trop d’espace ce qui renvoie les infos importantes dans une colonne unique à droite. Police et texte trop petit, liens trop proches (clic au mauvais endroit).

Site refondu mais pas le catalogue. Rapport sur les résultats des focus groups présenté au doyen de la bibliothèque. Beaucoup de points déjà soulevés par les bibliothécaires de référence (taille du texte, liens espacés, accès aux bases de données, etc.). Problème d’accès à distance, connu également, déjà présent dans les commentaires Libqual en 2006.

Le rapport concluait au besoin de poursuivre l’enquête avec des tests d’utilisabilité, un comité ad hoc fut créé à ce moment.

Test d’utilisabilité

Test pilote mené entre avril et mai 2006.

Recrutement

6 participants : 2 recrutements par mail, 3 lorsqu’ils ont posé une question au bureau de renseignements, 1 par le responsable de la rédaction des CV du Centre pour l’Excellence de l’apprentissage et de la formation (Center for Teaching and Learning Excellence – CTLE).

Chaque participant a reçu un bon d’achat au café de la bibliothèque.

Recrutement plus facile car rendez vous individuel (au moment le plus propice pour le participant) et échantillon plus restreint.

Les tests se sont déroulés au CTLE (camtasia Studio déjà installé dans une pièce adapté à l’enregistrement audio).

Questions

tableau contenant quelques recherches rapides et questions directionnelles à effectuer. On leur a demandé de lire les instructions à voix haute ainsi que ce qu’ils faisaient lorsqu’ils utilisaient le site web. Parole et cheminement enregistrés. Ils devaient retourner sur la page d’accueil lorsqu’ils passaient à la question suivante. Pour éliminer tout jargon du site, un champ sur le tableau leur permettait de noter tout terme inconnu ou mal compris sur le site.

Composition

Questionnaire démographique rempli en fin de test. 2 enseignants, 4 undergraduates (pour compenser leur absence lors des focus groups). 4 hommes, 2 femmes. 4 utilisateurs quotidien du site, 1 plusieurs fois par semaine, 1 quelques fois par mois.

Exercices

« Veuillez répondre aux questions suivantes en naviguant jusqu’aux pages appropriées du site web de la bibliothèque Weinberg Memorial. Lisez chaque question à voix haute et expliquez le chemin que vous empruntez pour trouver la réponse, expliquez ce que vous pensez lorsque vous faites un choix. Après avoir achevé chaque question, retournez à la page d’accueil avant de poursuivre l’exercice. Si vous êtes perdu, si vous n’aimez pas quelque chose sur le site web, ou si vous avez une idée pour améliorer le site, veuillez nous faire part de vos remarques.é

Débuter à la page d’accueil du site :

  • imaginez ques vous avez une liste de références, l’une de ces citations est : {référénce d’article} Comment vous y prendriez vous pour retrouver cet article ?
  • Retourner à la page d’accueil. Trouvez si la bibliothèque a des livres écrits par Simon Winchester
  • Retourner à la page d’accueil. Si la bibliothèque ne dispose pas du livre que vous cherchez, où allez vous pour l’obtenir ?
  • Retourner à la page d’accueil. à quelle heure ferme la bibliothèque, le jeudi 18 mai 2006 ?
  • Retourner à la page d’accueil. trouver un site web qui vous donne des infos sur comment citer un livre dans une bibliographie ou un article.
  • Retourner à la page d’accueil. Imaginez que vous devez utiliser la base de données ProQuest pour la première fois pour trouver un article, comment trouvez une aide pour utiliser cette base de données si la bibliothèque est fermée ?
  • Retourner à la page d’accueil. Imaginez que vous devez faire des recherches pour l’un de vos cours. Vous vous rappelez être venu à la bibliothèque pour un cours, mais vous avez perdu votre polycopié; Comment obtenir un autre polycopié ?
  • Retourner à la page d’accueil. Imaginez que vous suivez un cours d’anglais et vous avez besoin de rédiger un article de recherche. Où allez-vous pour apprendre à commencer une recherche d’information ?
  • Retourner à la page d’accueil. Si c’est la première fois que vous visitez le site, où cliquez-vous en premier ? pourquoi ?
  • Quels termes du site vous sont familiers ? Quels sont ceux inconnus ? Veuillez écrire ces termes dans le tableau ci-dessous.

Résultats

  • indicateurs sélectionnés : chemins utilisés pour répondre aux questions, durée ou abandon
  • certaines questions étaient plus difficiles que d’autres, à la vue des vidéos, il devenait certain que ces questions devaient être revues pour les tests futurs.
  • Instructions : certains ont expliqué ce qu’ils feraient sans le faire sur le site.
  • Résultats de TU ont confirmé ceux des FG : liens trop proches et peu visible (problème de couleur)
  • modification du design du site web
  • rendre l’outil de recherche plus important
  • éliminer le jargon autant que possible
  • éliminer le scrolling autant que possible
  • ajouter une search box pour le catalogue
  • inclure un champ de texte pouvant être modifié par les bibliothécaires-systèmes
  • ajouter un agenda
  • les questions posées à propos du site web au bureau de renseignement ou via SRV devraient être compilées afin de traquer les problèmes
Crédit photo : Funny – a Hoot @Doug88888  CC-by-nc-sa

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Enquête d’utilisabilité – poster aux Journées ABES 2013

Posté dans Enquêtes, JABES 2013.

Nous avons mené une enquête sur le site web et le résolveur de liens des BU de l’Université de la Réunion entre décembre 2012 et avril 2013. Cette enquête, basée en grande partie sur les tests d’utilisabilité, a fait l’objet d’un rapport et a été déclinée en poster dans le cadre des Journées ABES 2013.

L’objectif de ce poster est double : publier les résultats d’une enquête susceptibles d’intéresser la communauté professionnelle et s’investir dans un mode de communication scientifique que je ne maîtrisais pas encore. Pour le réaliser, j’ai suivi les conseils avisés et précieux de Raphaëlle Bats (Premier poster, Les posters des étudiants de l’ENSSIB, Un appel à poster…en France).

Scénario

Le poster traite à la fois de l’enquête et des méthodes utilisées, notamment le test d’utilisabilité, encore peu présent dans les bibliothèques françaises. Le scénario était donc tout tracé puisqu’il devait reprendre les différentes étapes du projet : choix de l’objet d’étude, choix des méthodes, sélection de l’échantillon, préparation et administration des tests, résultats, etc.

Pour ce poster, je cherchais un angle original qui s’est rapidement imposé. Le poster traitant d’une enquête, autant interpréter ce terme dans son acception policière, je n’avais plus ensuite qu’à dérouler les différentes étapes du projet pour les faire coller à la thématique.

Graphisme

Le graphisme devait coller à la thématique, j’ai donc repris les éléments classiques des enquêtes policières : le ruban jaune « Do not cross » censé baliser une scène de crime, la ruelle sombre en arrière-plan, le feuille froissée et tamponnée pour le rapport de police, la photo anthropomorphique pour les suspects, etc.

Je souhaitais également personnifier les protagonistes (objets de l’enquête et méthodes) pour les rendre plus réels, tangibles. Mes compétences en dessin étant inférieures à celle de mon fils de 4 ans, il était plus raisonnable de faire appel à quelqu’un de doué, et Melle Salt (allez voir son blog Sometimes, you’re the salt in my coffee), dessinatrice talentueuse et néanmoins discothécaire, a très gentiment accepté de donner corps et visages à ce projet.

Réalisation

Le poster m’a pris à peu près 15 jours en ne travaillant que la nuit (obligations professionnelles et familiales obligent), il a été réalisé avec Adobe InDesign.

Impressions

L’impression du poster a été confié au service Reprographie de l’Université de La Réunion. Ils ont fourni un super travail et ont su me conseiller pour le type de support. Le poster est imprimé sur une bâche, pratique pour le transport en avion et en mat pour éviter le reflet de la lumière, donc pour un meilleur confort de lecture.

Difficile d’évoquer des sites web sans voir à quoi ils ressemblent, 4 copies d’écran (2 pour le site web, 2 pour le résolveur) ont donc été imprimées sur papier A3 200gr pour accompagner le poster. Ils n’ont malheureusement pas pu être affichés, faute de place sur le panneau.

Le coût total de l’impression s’est élevé à 67€ TTC.

Crédits

Police de caractère : Chunkfive Roman

Image d’arrière-plan : 30 / 365 – Water Reflections by Night par Inspire KellyCC by

Papier : Texture 190411 par Chiaralily CC by-nc

Icônes et illustrations :

Bibliographie

Vous trouverez des pistes bibliographiques sur ma page Zotero : Usability testing

Poster

poster JABES 2013

Télécharger le poster JABES 2013 en version PDF au format A0 (3,55 Mo)


[Notes de lecture] Le signalement des liens brisés par les usagers d’un résolveur de liens (SFX)

Posté dans Docélec, Saines lectures.

brokenlinkBroken-link Reports from SFX Users : How publishers, Vendors and Libraries Can Do Better (Serials Review, Volume 38, numéro 4, december 2012). Merci à l’auteur Xiaotian Chen (Bradley University)

L’enquête étudie 432 liens brisés issus du résolveur de liens SFX entre l’automne 2007 et l’automne 2011. Lorsqu’un usager utilise SFX pour sa recherche d’articles en ligne et rencontre un lien brisé, il peut en avertir la bibliothèque via un formulaire pré-rempli.

Méthodologie

Tous les liens ont été entrés dans un fichier Excel avec le jour, la date et l’heure à laquelle le lien est rapporté, à quel moment la bibliothèque a répondu à l’usager,  les références de l’article, le bouquet de revues utilisé (SFX Target), la cause du lien brisé et si la bibliothèque a retrouvé le texte intégral demandé par l’usager. Deux bibliothécaires ont traité l’intégralité des demandes.

L’étude vise à déterminer quels bouquets proposent le plus de liens brisés, les causes et le temps moyen de réponse aux usagers.
D’après la littérature professionnelle, les raisons d’un lien brisé dans un résolveur de liens sont variées: données de l’URL source inexactes, données de l’URL source incomplètes, base de connaissance du résolveurs inexacte, erreur de traduction du résolveur, URL cible du résolveur incomplète, absence de lien au niveau de l’article, erreur de traduction par le fournisseur de l’URL cible, contenu du fournisseur incomplet, etc.

Sur les 432 liens brisés, 46 n’ont pas pu être reproduits et n’ont pas été intégrés à l’enquête.

Résultats

Ebsco Academic Search Premier et Wiley Online sont les cibles proposant le plus de liens brisés.
D’après les données recueillies, les 4 principales raisons des liens brisés sont :

  • les articles non disponibles dans la cible : la plupart du temps, l’article n’est pas disponible chez le fournisseur ou l’éditeur. L’exactitude des données des éditeurs dans SFX en est le problème majeur. Il y a également des problèmes techniques : revue avec un embargo de 12 mois pour laquelle les articles arrivés à expiration ne sont toujours pas disponibles
  • l’erreur d’index : données erronées pour l’issn, l’année de publication, le volume, le numéro ou la page
  • l’absence de lien au niveau de l’article : concerne surtout le DOAJ. Beaucoup de revues du DOAJ ne proposent pas de liens structurés vers l’article. Le lien vers l’article renvoie en fait vers la page d’accueil de la revue, laissant penser que l’article n’est pas disponible
  • les critiques de livre ou articles spéciaux dans les revues : ces articles existent dans les bouquets mais le résolveur est incapable de les lier correctement

Autres raisons des liens brisés

  • articles issus de suppléments à un numéro : cela peut provenir d’une mauvaise numérotation ou pagination du supplément (l’ajout d’un S avant ou après la pagination peut poser des problèmes de traduction au résolveur). Il se peut aussi que le fournisseur ou l’éditeur n’inclut pas le supplément dans l’abonnement en ligne
  • volumaison, numérotation et pagination erronées : les volumes en chiffre romain, les doubles numéros (1-2, 6-7) peuvent engendrer des erreurs
  • certaines revues Wiley affichent deux dates de publication : la date de publication en ligne et la date officielle de publication. Les index utilisent les plus souvent la date officielle mais Google Scholar utilise parfois la date de publication en ligne qui induit en erreur le résolveur
  • Le manque d’intuitivité des liens Texte intégral (« Get PDF ») : 46 cas de liens brisés renvoyaient bien vers le texte intégral. Ces cas concernaient principalement deux bases pour lesquelles on peut se demander si le lien vers le texte intégral est assez explicite
  • erreur de DOI : lorsqu’une revue change de plateforme ou lorsque le DOI est incorrect cela entraine des erreurs. Cas d’une revue chez 2 éditeurs dont une année en commun. Le DOI renvoie vers un site d’éditeur alors que c’est un autre qui dispose de l’article en FT recherché
  • Volumes ou articles manquants : certains numéros ou volumes sont totalement manquants chez l’éditeur alors que des numéros plus récents de la même revue sont disponibles. Le résolveur envoie inévitablement un lien brisé dans ce cas

Les bibliothécaires ont répondu aux 432 mails prévenant de liens brisés et ont envoyé 276 articles en texte intégral. Pour ceux réellement indisponibles, les bibliothécaires ont du présenter des excuses et proposer le prêt entre bibliothèque.
L’étude montre également que les mails sont envoyés plutôt le soir, le week-end et les vacances que durant les horaires d’ouverture de la bibliothèque.

Analyses

Les liens brisés s’expliquent par de nombreuses raisons, la qualité des listes de titres fournies par les éditeurs est souvent montrée du doigt par la littérature professionnelle. La différence provient de la stabilité des listes (Ebsco Academic Search Premie vs JSTOR). Le résultat est simple : le texte intégral ne se trouve pas dans la base indiquée par le résolveur. Les éditeurs doivent continuer d’améliorer la qualité de leurs listes.
L’usage plus fréquent des DOI pourrait résoudre le problème des volumaisons/numérotations erronées ou des suppléments, seulement s’ils renvoient vers le site de l’éditeur ou CrossRef. Cela ne fonctionnera pas avec des bases de données agrégées type Jstor ou Ebsco Academic Search Premier.
Les résolveurs de liens sont probablement une des plus importantes inventions des 10-15 dernières années dans les bibliothèques. Ils ont transformé la manière d’accéder à l’information en ligne. Les liens brisés restent, cependant, un problème majeur. Les producteurs de résolveurs devraient trouver des moyens de mieux gérer ces difficultés techniques : volumaisons/numérotations, description des suppléments, question des numéros sous embargo, problème des DOI et la double date de publications sur le site des éditeurs.

 Crédit photo : Freedom / drp / CC-by-nc-nd

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