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casuHAL : le club utilisateur HAL

Posté dans Open acces / Archive ouverte.

Aujourd’hui mardi 20 septembre 2016, s’est tenue l’assemblée générale constitutive de CasuHAL, le nouveau club utilisateur HAL. Moins d’un an après la première réunion organisée avec enthousiasme et précipitation en marge des Journées Open access de Couperin à Paris, une association loi 1901 voit le jour.

Cela représente l’aboutissement d’un énorme travail accompli pour des volontaires ayant à cœur de faire avancer l’outil qu’ils ont choisi pour leur communauté de chercheurs. Ce ne sont pas moins de 28 réunions en visioconférence et réparties en 5 groupes de travail qui se sont tenues entre janvier et septembre 2016. Suite à ces sessions, chaque groupe a émis des recommandations d’améliorations :

  • sur l’aspect politique(GT1),  le positionnement stratégique du groupe en devenir et la formalisation des relations avec le CCSD,
  • sur les référentiels (GT2), avec une mise à plat des règles de description des unités de recherche, pour un meilleur usage d’AUREHAL
  • sur les outils alimentation automatique de HAL (GT3), avec des démonstrations et des partages de connaissance sur les outils créés localement dans les structures de recherche autour de HAL
  • sur les services aux chercheurs (GT4), pour que les fonctionnalités actuellement proposées répondent encore mieux aux attentes de ceux que nous représentons,
  • sur les services aux administrateurs (GT5), pour que référents, gestionnaires et administrateurs de portails HAL puissent disposer de tous les éléments et connaissances nécessaires à une utilisation optimale de leur outil de travail quotidien

Dés le début de l’aventure, j’ai apprécié l’esprit qui animait notre groupe : d’abord travailler le fond du dossier, de manière souple et pragmatique, réunir les énergies disponibles tout en rendant régulièrement compte des avancées et sans vraiment se soucier de la structuration du groupe.

La forme de l’association loi 1901 est la progression naturelle de notre groupe d’intérêt initial. Forme qui, je l’espère, nous permettra d’être étroitement associé aux futures discussions sur HAL, forme qui fera des acteurs de terrains que nous sommes, les interlocuteurs privilégiés des instances décisionnaires.

Je profite de ce billet pour remercier les 6 modératrices Anne, Frédérique, Laurence, Lucie, Marie-Laure et Marlène  sans qui ce projet n’aurait pas pu atteindre cette étape cruciale, ainsi que toutes les personnes qui ont participé aux 28 réunions des GT.

Pourquoi casuHAL ? parce que c’est probablement l’acronyme le plus signifiant trouvé pour notre club utilisateur.

Pour moi, casuHAL est une association décontractée (casual en anglais), qui travaille sérieusement sans se prendre au sérieux.

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Coupler Zotero et Bib2Hal pour signaler massivement les publications sur HAL

Posté dans Open acces / Archive ouverte.

sampaab5d4fa075b86c0Avant d’entamer la lecture de ce billet, je vous conseille très vivement d’aller voir l’article de Frédérique Bordignon sur le fonctionnement de l’application Bib2HAL.

Depuis 2014, nous nous servons  de Zotero+Bib2Hal pour signaler en masse les publications 2008-2014 de l’Université de La Réunion. Ce billet vise à expliquer comment.

Bib2Hal est une application utile pour l’alimentation d’une collection HAL à partir d’un fichier de références bibliographiques bibtex. Frédérique explique très bien les différentes étapes de la procédure. La plus importante selon moi, celle qui justifie à elle seule l’existence de Bib2Hal est l’affiliation des auteurs. Cette étape aussi fastidieuse que primordiale consiste à attribuer à chaque auteur une affiliation à un ou plusieurs laboratoires. Cette action déclenchera le tamponnage de la publi dans toutes les collections HAL concernées.

Avant de pouvoir utiliser Bib2Hal, il faut néanmoins disposer d’un fichier bibtex correctement formaté, c’est là que Zotero intervient.

Alimenter Zotero

Nous alimentons Zotero, à partir des bibliographies des laboratoires fournies lors de la précédente évaluation de l’AERES. A 80%, ces bibliographies sont produites sous format texte (word, pdf) et ne répondent que très partiellement aux normes de structuration des références bibliographiques, rendant l’utilisation d’outils comme Anystyle.io impossible.

Zoterhal

Exemple de bibliographie non structurée

En plus d’être mal structurées, ces bibliographies sont aussi lacunaires. Les métadonnées minimales sont parfois absentes surtout pour les communications dans des congrès (lieu, date de début/fin, titres des actes, etc.). Les types de documents sont parfois flous, les enseignants préférant déclarer un article ou un chapitre de livre plutôt qu’une communication avec acte publié.

Zotero1

Exemple de communication dans un colloque entré dans Zotero

Zotero

Exemple d’article de revue entré dans Zotero

Même si la force de Zotero est la récupération automatique des métadonnées, nous avons produit un important travail de vérification et de reprise de ces données pour intégrer dans HAL les informations les plus fiables.

De plus, avant d’exporter les données dans un fichier Bibtex spécialement mis en forme pour être importé dans Bib2Hal, il a fallu ajouter aux références Zotero des champs attendus dans HAL mais qui n’existaient ni dans le format Bibtex, ni dans Zotero, par exemple les dates de début et fin d’une communication, l’audience de la publication, la présence d’une évaluation par les pairs, ou la présence d’acte.

Nous avons recouru à une astuce pour les renseigner tout de même. Nous avons choisi de détourner certains champs Zotero inutilisés dans notre opération. Ainsi « Titre abrégé » a accueilli la date de début d’un colloque, « Consulté le » la date de fin, etc.  Ces données ont été entrées à la main.

Nous avons établi une liste de correspondances entre les champs Zotero détournés et les champs HAL attendus.

Champs Zotero-Bib2Hal

Revenons sur l’alimentation de Zotero. Les ouvrages et les articles sont le plus souvent récupérables sur Zotero par simple clic depuis un catalogue de bibliothèque ou le site de l’éditeur. Une recherche préalable sur Google Scholar permet aussi de savoir si la publi est déjà référencée sur HAL. Les métadonnées des autres types de document (communication, chapitre de livre, poster, brevet, etc.) sont moins souvent présentes et nécessitent une saisie manuelle ou semi-manuelle : récupération des métadonnées d’un livre puis transformation en chapitre de livre en ajoutant les éléments manquants, duplication des entrées pour différentes communications dans le même congrès.

 

Produire un fichier bibtex, compatible Bib2HAL

Une fois les références entrées dans Zotero, vérifiées, complétées, il est temps de les exporter au format bibtex pour utiliser Bib2Hal. Comme je l’ai mentionné plus haut, HAL attend des champs qui ne sont pas prévus par défaut dans les formats Bibtex ou Zotero. L’application Bib2Hal propose donc des intitulés à ajouter au fichier bibtex : x-audience pour l’audience de la publication (valeur : International, National, non renseigné), x-language pour la lange du document codé sur 2 caractères selon la norme ISO 639-1, x-peerreviewing pour l’évaluation par les pairs (valeur Yes/oui, No/Non), etc.

Nous avons détourné l’usage de certains champs Zotero pour renseigner ces valeurs. Il fallait s’assurer que les champs étaient bien parmi ceux exportés et que les libellé étaient bien compatibles avec Bib2Hal.

Le format d’export Bibtex dans Zotero a été développé par Simon Kornblith, Richard Karnesky et Emiliano Heyns. Stéphane Calderoni (Ingénieur de recherche en informatique à l’Université de La Réunion) et moi-même nous en sommes servi pour construire le format d’export Bib2Hal. Malheureusement, le format Bibtex n’exportait pas tous les champs dont nous avions besoin. Nous avons, dans un premier temps, élargi le nombre de champs exportés (cote, archive, archiveloc, catalog, access).

Champs Bibtex

Champs exportés dans le format bibtex

 

Bib2hal

Champs exportés dans le format Bib2Hal

Nous avons ensuite renommé les intitulés des champs détournés pour les faire correspondre aux intitulés attendus par Bib2Hal.

Bib2Hal2

Nouveaux intitulés des champs spécifiques à Bib2Hal

Nous avons enfin indiqué à Zotero quels champs utiliser lors de l’export

Pour que Zotero exporte les bons champs

Pour que Zotero exporte les bons champs

L’export Bibtex ne sortant pas le titre du colloque en plus du titre de la présentation pour une communication dans un congrès, nous avons réglé ce problème en modifiant une dernier fois le javascript.

Corriger l'export pour une communication dans un congrès

Corriger l’export pour une communication dans un congrès

Ces modifications dans le fichier javascript permettent d’exporter un fichier bibtex directement utilisable dans Bib2Hal.

 

Pour une meilleure intégration Zotero-Bib2Hal-Hal

Nous sommes tout à fait conscient du bricolage effectué pour construire notre dispositif. Le détournement des champs Zotero pour un autre usage ne peut constituer une solution viable à moyen terme. Une alternative aurait été de recréer des types de document Zotero calibrés spécifiquement pour Bib2Hal avec le bon nombre et les bons intitulés de champs. Cette solution très brièvement envisagée a été mise de côté en raison de l’investissement en temps et en maitrise de l’application que cela aurait nécessité. De plus, nous n’étions pas certain de conserver ces types de documents maisons lors d’un changement de version Zotero. Enfin, cette solution ne résolvait pas le problème des métadonnées manquantes sur les bases de données de publications des éditeurs. Un traitement manuel restait nécessaire.

Malgré ces limites, notre dispositif nous a permis de signaler plusieurs milliers de références en un temps relativement court,la majorité des versements ayant eu lieu entre septembre et décembre 2015. Grâce au couplage Zotero et Bib2Hal nous avons atteint le premier objectif de notre projet HAL-Réunion, le signalement des publications. Nous œuvrons maintenant aux dépôts des publications elles-mêmes.

HAL-Reunion_evolution_depots2005-2016

télécharger le script Zotero Bib2Hal sur GitHub

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Comment améliorer l’expérience utilisateur (UX) d’une archive ouverte ?

Posté dans Open acces / Archive ouverte, Utilisabilité, UX.

« Details matter, especially when they can influence whether users engage with a  new digital initiative that relies heavily on their support.« 

Il y a quelques semaines, je posais la question de l’expérience utilisateur au sein de l’archive ouverte HAL. Au même moment, un article traitant de l’UX des archives institutionnelles paraissait dans la revue Information Technologies and Libraries.

L’université MacEwan (Edmonton, Canada) a récemment lancé son archive institutionnelle Ro@M. Sonya Betz et Robyn Hall racontent dans « Auto-archiver avec facilité dans une archive institutionnelle : microinteractions et expérience utilisateur » comment l’équipe a utilisé les tests d’utilisabilité et le concept de « Microinteractions » théorisé par Dan Saffer pour faciliter la procédure de dépôt de documents dans l’archive. Leur objectif était de ne pas se contenter de proposer un outil mais d’en faire une application utile, utilisable et désirable selon les termes de Aaron Schmidt et Amanda Etches.

Associée aux tests d’utilisabilité, l’approche par microinteractions semble prometteuse pour déceler tous les points de blocage des procédures. Les résultats eux-mêmes sont intéressants et montrent que soigner les moindres détails compte beaucoup dans l’adoption d’une nouvelle application.

J’ai procédé à la traduction française de l’article : Auto-archiver avec facilité dans une archive institutionnelle (français).

Bonne lecture.

 

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La validation centralisée dans HAL nuit-elle à son efficacité ?

Posté dans Open acces / Archive ouverte.

Disclaimer : HAL est l’archive ouverte de l’Université de La Réunion, pour laquelle je suis chef de projet Open Access et Archive ouverte. Je suis également administrateur du portail HAL-Réunion.

Il y a quelques jours, Stéphanie Pouchot déplorait sur son blog le côté sacerdotal du dépôt de document dans l’archive ouverte HAL (processus plus long que prévu, soumis à validation pas forcément comprise, manque d’interopérabilité entre les différentes plateformes de dépôt). Le billet fût diffusé puis repris sur Twitter où il a trouvé un écho plutôt positif en plus des re-tweets :

 

 

 

Le CCSD, présent et actif sur Twitter (il faut le souligner et les en féliciter) a pris part à la discussion d’abord en commentaire sur le billet puis sur Twitter, de manière parfois étrange :

Moment à partir duquel je suis intervenu dans la discussion :

Twitter n’étant pas l’espace le plus adapté pour un échange d’idées argumenté, j’ai décidé de répondre à la question du CCSD dans ce billet (voilà pour l’introduction).

Je suis intervenu dans ce débat car j’ai moi-même expérimenté les déboires relatés par Stéphanie Pouchot dans son billet et j’ai également recueilli plusieurs témoignages de chercheurs de mon université ayant eu maille à partir avec le dépôt dans HAL.

Oui, le dépôt dans HAL n’est pas simple, et peut même rebuter les meilleures volontés.

Comme le souligne Agnès Magron du CCSD dans le commentaire du billet, beaucoup de choses ont été faites pour améliorer ce dépôt :

(…)nombreuses fonctionnalités proposées pour faciliter justement le dépôt : récupération des métadonnées à partir du fichier pdf, récupération des métadonnées à partir d’un DOI, ajout des auteurs d’une même structure de recherche, associer tous les auteurs à la même affiliation, etc.

Cela dit, le problème ne provient pas de la « méconnaissance » de ces fonctionnalités comme l’indique Mme Magron. Les fonctionnalités existent, elles sont utiles, et les champs obligatoires pour le dépôt sont en nombre raisonnable. Le problème se situe à un autre niveau.

L’affiliation obligatoire de tous les auteurs du document peut déjà poser problème, surtout si les auteurs travaillent hors de France. Le souci n’est pas tant l’absence de structure pour les affilier que la multitude de laboratoires ou équipes de recherche créés au fur et à mesure des dépôts. Comment choisir le bon labo si on souhaite éviter d’en créer un nouveau ? En l’absence de référentiel européen ou mondial, qui se chargera un jour du ménage dans les structures étrangères ?

La validation est le vrai nœud du problème, c’est à ce moment que l’expérience de l’utilisateur (car c’est de ça dont il s’agit) est malmenée. Alors qu’on pensait avoir tout entré correctement, on se voit notifier un refus de dépôt ou des demandes de modifications, plus ou moins compréhensibles, via un système de notification/réponse assez froid. Même si la qualité des données est importante (il n’y a qu’à voir les défaillances sur ce point dans ResearchGate ou Academia), ça porte un coup au moral et peut faire douter même les plus enthousiastes. Il serait d’ailleurs intéressant de connaître le nombre de tentatives de dépôt qui n’a pas abouti au versement du document suite à une demande de modification…

On peut aussi persévérer, vouloir apprendre à déposer correctement en prenant connaissance des types de publications acceptés dans HAL comme l’indique la documentation du site. Mais, ironiquement, on se retrouve face à une page 404 :

404

Mise à jour du 01/09/2015 (15h48) : URL mise à jour suite à la publication du billet, l’adresse correcte était https://hal.archives-ouvertes.fr/page/les-types-de-publication-acceptes-dans-hal

Je reviens à mon tweet, pourquoi je pense que cette situation est intenable à terme. Je précisais bien intenable pour le CCSD comme pour les établissements.

Pour le CCSD

Le tweet sur le sacerdoce de la vérification des centaines de dépôts hebdomadaires peut très bien être une maladresse de communication. Il peut aussi traduire un malaise quant à cette activité fastidieuse et peu valorisante, ce côté videur de l’open access décidant qui a le droit d’entrer ou pas dans la boîte de nuit à la mode.

A la mode, parce qu’il suffit de regarder les chiffres des dépôts. Sur les trois dernières années, les dépôts de documents dans HAL ont progressé de 20, 18 et 19 % (les chiffres proviennent de la plateforme HAL elle-même). En 2014, l’équipe du CCSD a dû vérifier plus de 45000 références ! Un travail colossal pour une équipe …. composée de 13 personnes si l’on en croit le site web. 13 personnes pour gérer HAL, TEL, ScienceConf, EpiSciences, MediHAL, etc.

dépôt HALMême si on table sur une progression en baisse, à 15% pour 2015, cela fera tout de même plus de 50 000 documents à vérifier. Comment l’équipe du CCSD pourra faire face à ce raz-de-marée en conciliant délai de vérification raisonnable et qualité des métadonnées ?

Pour les établissements

En tant que chef de projet OA/AO, une partie de mon rôle est d’accompagner les chercheurs lors de leurs premiers dépôts et aussi (surtout) de les rassurer. Cette tâche n’étant pas naturelle dans leur processus de publication et souffrant de nombreux obstacles, il faut la rendre la plus indolore possible. Or, après avoir suivi atelier, conférence et accompagnement personnalisé sur HAL, lorsque les chercheurs viennent pour nous raconter l’échec de leur première expérience d’auto-archivage, je vous assure que c’est tout sauf indolore.

Les établissements auraient pourtant un rôle à jouer dans cette activité de vérification. Ceux, volontaires, ayant souscrit au portail HAL pourraient valider les dépôts sur des critères précis déterminés en concertation avec le CCSD. De plus, utiliser HAL comme archive ouverte institutionnelle élargit souvent la définition d’un document « accepté », c’est-à-dire digne d’apparaître dans la production scientifique de l’Université. Le portail HAL de l’INRIA a déjà montré, en son temps, que ce périmètre n’était pas fixé ad vitam æternam, pour les articles de vulgarisation scientifique notamment.

Une validation locale permettrait aussi de renforcer l’accompagnement des chercheurs, d’anticiper les possibles refus de dépôt, de travailler encore et encore sur la médiation auprès des publics dans le seul but d’assurer le succès et l’appropriation de l’archive par les chercheurs.

Je suis sûr que nous sommes nombreux à nous tenir prêts à travailler avec le CCSD sur cette piste.

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Journal du Congrès IFLA 2015 à Cape Town

Posté dans Aut'trucs.

Hall du centre des congrès

Hall du centre de convention ; Crédit : NA

J’ai eu le privilège d’assister, en voisin, au congrès de l’IFLA qui se déroulait à Cape Town, Afrique du Sud, du 15 au 21 août 2015.

J’ai pu y participer grâce à une bourse du Comité français international Bibliothèques et Documentation (CFIB) qui œuvre depuis de nombreuses années pour, entre autre, permettre à des professionnels français et francophones de se rendre au congrès phare de l’IFLA. Mon établissement a également participé à mon au voyage en prenant en charge l’inscription au congrès et l’adhésion à l’IFLA.

 Complètement novice de ce genre d’évènements, je vais essayer de transcrire ici ma compréhension de ce rassemblement et de ses enjeux.

 

Jour 1 – L’importance des Standing Committees

Le congrès a débuté pour moi le samedi 15 par les réunions des Standing committees ou comités permanents (SC). L’IFLA est composée de plusieurs dizaines de sections (marketing, livres rares, catalogages, évaluation, etc.). Elles représentent les forces vives de la Fédération puisqu’elles produisent et diffusent largement leurs réflexions et travaux à travers le réseau, via des newsletters, des pages Facebooks ou tout autre moyen de communiquer.
Les SC ont aussi pour mission de préparer le congrès suivant en proposant une conférence de 2 ou 3 heures. S’ils sont vraiment dynamiques, ils organisent des satellite meetings en dehors du congrès pour présenter des travaux plus approfondis.
Réunion IFLA KM

SC Knowledge Management ; Crédit : Emilio Sim

J’ai assisté à deux SC – histoire de me rendre compte de la manière dont ils fonctionnent: Évaluation et statistiques et Knowledge management. Le dynamisme des SC dépend beaucoup du responsable (ou Chair) élu par les membres et de la composition du groupe. Les réunions durant le congrès (Business meeting) servent surtout à faire le point sur l’avancée des travaux de l’année et à accueillir les nouveaux membres, renouveler ou élire les officers (chair, secretary, information coordinator).

 

Le samedi se tenaient également les caucus, rassemblements des participants par langue ou zone géographique. Le caucus francophone regroupait des bibliothécaires du Canada, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, d’Égypte, de Belgique, de Madagascar et bien d’autres pays. L’actualité de l’AIFBD (association internationale francophone) et du CFIBD a été abordée ainsi que différents sujets comme le multilinguisme au sein de l’IFLA qui semble problématique (l’anglais devient de plus en plus prégnant, les autres langues officielles de la Fédération perdant du terrain). Ce fut aussi l’occasion de saluer les collègues réunionnais !

 

Jour 2 – Pata Pata et co-design finlandais

Le congrès a vraiment commencé le dimanche avec la réunion des newcomers, les nouveaux congressistes. Assez déçu par cette première conférence où je m’attendais à des éclaircissements sur l’énorme machine organisationnelle qu’est l’IFLA : quelle structure décisionnelle ? quels liens entre divisions et section ? Rien de tout ça. Ce furent plutôt des conseils pratiques à l’issue desquels nous devions recevoir un ruban « First timer » (que j’ai soigneusement évité).

 

Comme dans toute manifestation internationale d’envergure, nous avons pu assister à une cérémonie d’ouverture avec l’allocution de la Présidente Sinnika Sipilä, des interventions des représentants des bibliothèques locales, ainsi que des personnalités politiques de Cape Town et du Ministère de la culture sud-africain.

Opening session

CC by-sa : Natalia Molebatsi (IFLA)

 

En fil rouge et en clôture de session, un show fut présenté avec une conteuse retraçant à sa manière l’histoire de l’Afrique et de l’Afrique du Sud, une chanteuse (a priori célèbre) et un groupe avec chœur de jeunes qui ont repris des titres connus (Pata Pata de Myriam Makeba, un medley des tubes de Johnny Cleg et quelques hits du Roi Lion). Ce fut assez cliché mais plutôt enthousiasmant comme début de congrès.

 

Les conférences ont débuté juste après avec une première session au titre trompeur « the WOW factor ! What makes a great public library ? » Qui s’est avérée être une remise de prix de la meilleure bibliothèque publique (le vainqueur est la bibliothèque de Kista en Suéde).
La session suivante sur la conception et l’architecture des bibliothèques modernes fut nettement plus intéressante. On a pu y apercevoir le meilleur support de présentation du congrès (Audio-Spatial Co-design of Library Spaces. Implications from Case: Vantaa par J.Tuomas Harviainen et Harri Pikka) qui mêlait avec subtilité slides et vidéos d’ambiance de la bibliothèque. De quoi se rendre réellement compte de ce qui se passait dans l’établissement qu’ils décrivaient.

 

cfibd

Réunion des boursiers CFIBD Crédit : NA

Après l’ouverture du salon professionnel (petits fours et réseautage), les boursiers du CFIBD étaient conviés à une réunion sur la stratégie à adopter par l’association : meilleure communication sur ses actions, élargissement des évènements éligibles aux bourses, motion pour le renforcement du multilinguisme au sein de l’IFLA …

 

Jour 3 – Mesures et données

Le congrès IFLA connait parfois des incohérences en matière d’organisation. Ainsi, deux conférences sur des sujets semblables étaient organisées à la même heure, le même jour :

  • Measuring the Impact of Access to Information and Development – Mesurer l’impact de l’accès à l’information et au développement. Organisée conjointement par les Sections Library theory et research et Evaluation & Statistics
  • What is value ? – Qu’est-ce que la valeur. Organisé conjointement par les comités Management & Marketing, Research Libraries et le groupe d’intérêt spécial sur les E-metrics.

J’ai assisté à la première tout en suivant la seconde sur les réseaux sociaux grâce, notamment, au live-tweet de Silvère Mercier, membre de la section Marketing.

Sur des sessions aussi longues (2 ou 3h) avec autant de speakers (jusqu’à 8 ou 9), les interventions sont forcément inégales. Celles de Mesurer l’impact furent de bonnes factures dans l’ensemble, particulièrement la première partie avec des interventions passionnantes sur l’évaluation des projets financés par la fondation Bill et Melinda Gates (fondation qui a cessé de financer les projets liés aux bibliothèques récemment). Les projets financés ont fait l’objet d’une évaluation très pointue mais aussi d’un gigantesque rassemblement de données sur l’amélioration de la vie des personnes bénéficiaires. Ce hub de données (accès sur inscription !) se veut également un outil de data visualisation et d’infographie, pour aider à convaincre les dirigeants et tutelles.

Ces deux sessions portaient sur des sujets en vogue depuis 2-3 ans : le calcul de la valeur et de l’impact des bibliothèques et de leurs actions sur l’environnement qui les entoure . En quoi les bibliothèques améliorent-elles l’accès à l’information, et même la vie de leurs usagers ? comment les bibliothèques participent-elles à la réussite des étudiants ? etc.
Une norme ISO 16439  sur les méthodes de calcul de l’impact des bibliothèques a récemment été publiée ( mais bien trop coûteuse pour être diffusée largement).
Si on ne devait souligner qu’un élément de cette conférence, c’est qu’au final, ce ne sont pas les chiffres qui importent le plus, ce sont les histoires personnelles derrière ces chiffres et ce sont celles que nous devons capter et raconter lorsque nous défendons l’action de nos institutions.

 

Autre sujet ayant le vent en poupe, les données de la recherche, c’est à dire toutes les données produites par les chercheurs dans le cadre de leurs travaux scientifiques. A l’avenir, ces données seront de plus en plus structurées, enrichies, exposées et accessibles afin de vérifier la reproductibilité des résultats, condition indispensable de toute recherche. Cette thématique a fait l’objet de plusieurs sessions, dont l’une à laquelle j’ai assisté Construire des ponts entre données de la recherche et bibliothèques. Les exemples présentés (Canada, Afrique du Sud, États-Unis, LIBER) montraient comment les bibliothèques se sont emparées de ce sujet pour accompagner les chercheurs dans des Plans de gestion des données.

 

Atelier AIFBD/CIFBD

Atelier AIFBD/CIFBD

Le lundi s’est terminé tardivement avec un atelier commun AIFBD/CFIBD afin de réfléchir à certains points comme le multilinguisme ou la défense du rôle des bibliothécaires. Toujours intéressant de confronter son expérience avec des collègues francophones.

 

Jour 4 – Apartheid, café et dancefloor

DistrictSix2Mes deux derniers jours de présence ne comportaient pas d’interventions aussi pertinentes que celles du lundi. J’ai profité de la matinée pour visiter le District Six Museum, lieu de mémoire d’un quartier à forte majorité noire et « coloured » (tel que les métis étaient appelés au temps de l’apartheid) qui fut totalement rasé et vidé de ses habitants suite au passage d’une loi décidant que le quartier serait désormais uniquement blanc. Témoignages poignants et scènes de la vie quotidienne en font un musée assez attachant malgré son côté artisanal.

 

KMCafé

Table thématique du Knowledge Café. Crédit Emilio Sim

Puis direction le centre des congrès où j’ai participé au Knowledge Café organisé par les Sections Knowledge Management et Bibliothèques parlementaires, une sorte de camp, moment moins formel que les Business meetings ou les conférences. 12 thématiques liées aux enjeux du Knowledge management réparties sur 12 tables. 20 minutes d’échanges sur la perception et l’expérience des 7-10 participants puis on change de table en même temps que de thématique. Un modérateur était présent pour impliquer les participants et faire le liant entre chaque session.

J’ai ensuite visité le coin des posters de l’IFLA (plus de 140 !) relatant des travaux, services ou promotion des bibliothèques (le poster gagnant).

Nous attendions surtout la Cultural Evening, soirée phare de l’IFLA, avec buffet, show et DJ, qui débutait un peu plus tard. Cet événement fut encore l’occasion de rencontrer des collègues de différents pays, de discuter des plats servis avec les bibliothécaires sud-africains ou de féliciter des collègues pour la qualité de leur présentation vue quelques jours plus tôt. Tout était prétexte à rencontres, échanges et ouvertures sur d’autres cultures professionnelles, ce fut pour moi la plus grande réussite de cet événement.

 

 Jour 5 – Signal de fin et Ferrero

SignalHill2000

Cape Town vu de Signal Hill, Table Mountain en face

Après un tour sur Signal Hill, colline surplombant Cape Town, faute de pouvoir rejoindre Table Moutain, trop venté, il était temps de profiter de mes dernières sessions. L’enchaînement des conférences, les interventions en anglais et le déficit de sommeil ont tout de même pesé sur les organismes et la faculté à rester attentif jusqu’au bout.

Change and sustainability – Breaking paths for a world of balance organisé par la Section Knowledge Management, décidément très active sur ce congrès.

Surprise Yourselves! New Models of Reference and Information Services, conférence de la Section Reference and Information Services fut remarquable par la variété et la qualité des interventions. La session se voulait un panorama des nouveaux dispositifs de renseignement dans des contextes difficiles : la révolution des tournesols à Taipei, le complexe terrain nigérian, le déficit de bibliothèques scolaires en Afrique du Sud ou l’effondrement des demandes de renseignement dans les bibliothèques universitaires australiennes.

Après l’inévitable assemblée générale, aux modalités de vote si particulières, la délégation française s’est réunie sur invitation du Consulat français en Afrique du Sud (pas de Ferrero, terrible déception). Ambiance feutrée pour fin de congrès.

Ce que je retiens

  • Le Congrès de l’IFLA est un évènement à faire au moins une fois dans sa vie, il s’en dégage une énergie et un optimisme revigorant et tellement peu français quant à l’avenir des bibliothèques, je n’avais pas ressenti cela lors d’autres congrès
  • Côtoyer les collègues francophones au sein du CFIBD fait prendre conscience de la situation menacée de notre langue dans des zones géographiques à forte majorité anglophone (Afrique subsaharienne, Québec)
  • Le congrès m’a permis de mettre des visages, des voix et des histoires sur des pseudonymes Twitter, ma principale ressource d’échanges professionnels
  • Participer activement à un Standard Committee ne semble pas vraiment reconnu comme élément déterminant d’une carrière professionnelle en France. J’ai l’impression que ça l’est plus à l’étranger.  Néanmoins, cela reste particulièrement enrichissant aussi bien en connaissances qu’en relations professionnelles
  • Malgré une criminalité bien présente (plusieurs délits recensés sur des collègues durant le congrès), Cape Town est une ville agréable avec une population très ouverte.
  • Pour cette première participation, j’ai eu la chance d’être accompagné par Julien Sempéré dont c’était le troisième congrès. Sa connaissance des arcanes de l’institution et des membres furent précieuses pour mon adaptation. Je l’en remercie une nouvelle fois.
  • Le CFIBD fournit un travail exceptionnel en permettant à des professionnels de tous horizons d’enrichir considérablement leur expérience en participant à ce congrès
  • La position d’observateur ne permet pas de profiter pleinement du congrès. S’investir dans une section et participer aux réflexions en cours dans un Standing Committees semble plus efficace. Ces derniers recrutent régulièrement de nouveaux membres mais cela nécessite un engagement à participer aux réunions et congrès suivants. Engagement difficile à tenir dans des petites structures.
Tous les articles des interventions sont disponibles au moins en anglais sur l’archive ouverte de l’IFLA. Le congrès a eu un large écho sur les réseaux notamment Twitter avec le hashtag #wlic2015.

Mandiaye Ndiaye, conservateur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar revient sur son expérience du congrès 2015.

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La crème de l’évaluation en bibliothèque – La Northumbria Conference

Posté dans Assessment / Évaluation.

NorthumbriaLa Northumbria International Conference on Performance Measurement in Libraries and Information Services  (Conférence internationale sur la mesure de la performance dans les bibliothèques et les services d’information de Northumbrie) est probablement l’un des principaux évènements en matière d’évaluation en bibliothèque avec la Library Assessment Conference de l’ARL aux États-Unis.

Cette conférence organisée par l’Université d’York (dans la région de Northumbrie) a tenu sa 11e édition à Edinburgh à la fin du mois de juillet dernier. Le programme était pléthorique et recouvrait une très large palette des sujets du moment en matière d’évaluation : impact des bibliothèques, culture de l’évaluation, UX, évaluation de l’usage des espaces,… sans oublier Libqual+.

Les présentations (plus de 70) sont disponibles en téléchargement sur un dossier Google Drive partagé. Le congrès a également été bien représenté sur twitter avec le hashtag #north11conf et un storify en a été tiré.

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HAL et le bouton « Tiré à part » : une si discrète révolution

Posté dans Open acces / Archive ouverte.

Bouchon de champagneOctobre est un peu le mois de l’Open access, il y a bien sûr la semaine internationale de l’Open access (20-26 octobre) mais les festivités débordent largement ces 7 jours. La BIU de Montpellier avait anticipé l’OA Week en proposant une journée d’information dés le 3 octobre où intervenait notamment Mme Christine Berthaud, directrice du CCSD (service du CNRS qui administre l’archive ouverte HAL). Jusque là rien d’extraordinaire. Les interventions étaient live-twittées, mais aucun scoop n’a filtré.

4 jours plus tard, au détour d’une conversation sur Twitter à propos des modifications attendues dans la version 3 de HAL, Jean-François Lutz, responsable de la bibliothèque numérique à l’Université de Lorraine annonce :

Stupeur.

Le bouton « Request a copy » ou « Tiré à part » est une fonctionnalité toute simple. Un article est référencé sur une archive mais pas disponible ? pas grave, le bouton « Request a copy » envoie un message à l’auteur qui accepte ou non de donner accès au texte intégral. Cela semble anodin mais ça change tout.

Un plus pour les négociations

Je fais partie de ceux qui pensent qu’il n’y a point de salut hors du dépôt systématique et contrôlé des publications d’une institution. L’incitation ne fonctionne pas, les établissements ayant mis en place une politique de dépôt systématique sont des exemples éclatants de la réussite de ce modèle : Liège bien sûr mais aussi l’INRIA ou l’IFREMER.
La position défendue par Steven Harnad du Immediat Deposit / Optionnal access est très probablement celle qui combine le mieux intérêt général et pragmatisme du terrain. C’est la voie qui je préconise au sein de mon Université.

Lors des négociations avec les laboratoires, nous insistons sur le caractère quasi obligatoire du dépôt de la production locale : plus visible, plus lu, plus citable en plus d’un pilotage de la recherche amélioré et d’une valorisation facilitée. Bien évidemment, la question des articles ne pouvant pas être mis à disposition revient sans cesse. Les raisons sont nombreuses : revue qui n’autorise pas le dépôt en archive ouverte (nombreuses en chimie et en sciences juridiques) ou après embargo (qui paradoxalement devient la norme de la diffusion en libre accès), rapport contenant des données confidentielles, etc.
Que faire de ces documents ? Comment les rendre accessibles en respectant les contrats signés avec les éditeurs ?

HAL enfin compatible avec le dépôt systématique ?

Pour les utilisateurs de HAL et en l’absence de bouton « Tiré à part », il est parfois difficile de répondre à ces questions. Le simple référencement est une solution peu convaincante quand on vise le dépôt systématique. HAL était-il définitivement incompatible avec un mandat Open Access? Paradoxal et presque absurde tant cette plateforme est devenue incontournable de le paysage scientifique français.
C’est là que l’annonce de cette nouvelle fonctionnalité change tout. Elle nous octroie un argument supplémentaire de poids dans nos discussions. « Vous ne souhaitez pas mettre vos articles en libre accès sur le web ? Très bien, référencez les, déposez le fichier sur notre archive. Nous ferons le point sur leur visibilité et leur citabilité, plus tard ». Ce bouton lève également certains obstacles à l’adoption de HAL comme archive ouverte institutionnelle. C’était l’un des arguments qui poussaient les établissements à développer leur propre solution logiciel. Mme Agnès Magron, membre du CCSD, s’en étonnait récemment lors de la Journée d’étude sur le droit d’auteur organisée à l’Université d’Angers.

Stupeur, donc, que cette fonctionnalité si importante dans le cadre d’une politique de dépôt systématique ne soit pas plus médiatisée.

Devant notre circonspection, Jean-François confirme :

Pourtant, le diaporama de l’intervention ne mentionne pas cette nouveauté, aucune annonce plus officielle que l’intervention de Mme Berthaud à Montpellier, aucun mail sur les listes HAL-info ou Accès ouvert. Rien non plus sur le blog du CCSD qui se fait l’écho-compte à rebours de l’arrivée si attendue de HAL V3. Le dernier post présentant les nouvelles fonctionnalités sous forme d’abécédaire ne dit rien sur le sujet.

A-t-on rêvé ? Est-ce un malentendu ? La nouvelle est si importante qu’il serait dommage de s’enflammer pour rien.

Mais oui, l’annonce a bien eu lieu. Je reproduis ici le passage in extenso (entre 42min 00s et 42min 48s) :

« En conclusion, HAL est une archive ouverte mais vraiment ouverte. C’est à dire que nous, pour le moment, tous nos documents sur HAL sont accessibles. Sur les portails, on peut mettre en place le bouton « Tiré à part » c’est à dire qu’on va demander … un document est invisible et … on a simplement l’affichage des métadonnées on va demander à l’auteur via un système automatique de messagerie, ou en tout cas au déposant, s’il veut bien envoyer une version. Donc s’il accepte, le fichier PDF repart dans l’autre sens et la personne qui a demandé a accès à l’article. Mais dans HAL, on joue le jeu de l’archive ouverte institutionnelle même si dans les portails on peut gérer autrement.« 

Discrétion

Les portails institutionnels pourront donc proposer le bouton. L’option ne sera pas disponible sur l’instance générique HAL, uniquement sur les portails. C’est une excellente nouvelle même si nous attendons maintenant les spécifications techniques : comment seront stockés les documents ? Accessibles à qui en back office ? quelle adresse de messagerie sera utilisée ? Quid des thèses ?
La fonction « Tiré à part » couplé à l’implémentation des identifiants IDHAL (et sa gestion améliorée du curriculum du chercheur) devrait proposer une expérience intéressante à la fois pour le lecteur et le dépositaire.

Mais une question me taraude. Pourquoi une si grande discrétion ? Pourquoi ne pas annoncer le bouton comme les autres fonctionnalités voire comme une avancée majeure, car étant attendue par beaucoup de gestionnaires HAL dans les universités ?

Le CCSD est depuis longtemps réfractaire à l’idée du bouton « Tiré à part », ce n’est pas un secret. Ils semblent y voir un dévoiement du mouvement de l’Open access en proposant, de notre plein gré, une nouvelle barrière à l’accès immédiat. Ce n’est pas faux. L’accès libre, gratuit et immédiat sont les fondements de l’Open access, c’est ce vers quoi nous devons tendre. Mais le constat ne joue pas en notre faveur. Malgré des années d’efforts, le mouvement peine à trouver un rythme en France, alors que nos voisins européens semblent en avance à la faveur de politiques nationales fortes (Allemagne, Italie, Royaume-Uni).
De plus, le bouton n’est peut-être pas du « pur » Open access mais que dire des conditions fantaisistes de dépôt d’articles proposées par les éditeurs français au sein d’Héloïse, site hébergé par le CCSD ?

Les politiques de dépôt systématique doivent fleurir en France, nous ne pouvons plus nous contenter du modèle liégeois si stimulant mais limité dans le contexte français. Dans les prochaines années, j’aimerais bien voir les exemples d’Angers, de ParisTech ou de l’INRIA cités en modèle lors des conférences sur le sujet.
Si le dépôt systématique est l’avenir de l’Open access, le bouton « Tiré à part » en est une étape importante. Nous devons nous réjouir de son implémentation dans HAL et nous devons le faire savoir.

[MISE A JOUR DU 14/10/2014 12:50]

Le rapport de Serge Bauin intitulé L’Open access à moyen terme : un feuille de route pour HAL daté de septembre 2014 mais diffusé aujourd’hui éclaire parfaitement certains points de ce billet (p.6):

  • La position envers l’ouverture des archives institutionnelles est sans ambiguité : « Une archive institutionnelle doit-elle être entièrement ouverte ?On aurait envie de répondre oui,mais si la vocation d’une archive institutionnelle est bien celle d’une archive, c’est à dire visant à conserver tout ce qui mérite de l’être, la réponse est non. Pour autant de raisons que l’on peut imaginer, certains objets doivent pouvoir rester en accès restreint« .
    Le rapport va même plus loin en y associant la garantie de pérennité d’accès aux documents restreints : « Le service de préservation à long terme au CINES qu’offre HAL doit pouvoir s’étendre potentiellement à la totalité de la production d’un établissement« .
  • Sur le bouton « Tiré à part », le rapport précise « Concernant la gestion des éventuels embargos : la possibilité de mettre en place un bouton de demande à l’auteur de tiré-à-part par mail, telle que mise en place dans EPrints et DSpace, permettant à un lecteur potentiel d’accéder quand même au document pendant la durée d’embargo, devrait être offerte aux institutions qui le souhaitent. » Là aussi, le rapport va plus loin en évoquant un accès intranet « Dans la même idée d’ouverture partielle, peut-être HAL devrait-t-il pouvoir gérer un contrôle d’accès de type intranet pour que l’accès total reste possible au sein d’une institution.« 
  • Héloïse est clairement dans le viseur « La question du maintien et du support du service Héloïse mérite d’être examiné. »
  • La question de la communication autour du projet HAL est également abordée (p. 9-10)

Le rapport fait aussi le point sur le manque d’organisation du CCSD pour relever le défi d’une plateforme nationale et sa situation en sous-effectif. Enfin, il ne fait qu’évoquer ce qui sera à mon sens le prochain enjeu majeur des relations entre CCSD et établissements partenaires : la question de la tarification. Compte tenu des services d’hébergement, de maintenance et de l’intérêt des universités pour les archives ouvertes institutionnelles, le paiement forfaitaire actuellement modique pour la mise en place d’un portail ne sera pas soutenable très longtemps.

Crédit photo : Champagne, faberzeus.tirage-art, CC by-nc-sa

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Réflexion(s) de terrain sur un projet d’archive ouverte (1)

Posté dans Open acces / Archive ouverte.

soccerquelques réflexions suite aux discussions avec les chercheurs rencontrés à propos d’un projet d’archive ouverte à l’Université de La Réunion.

La dernière version auteur (One version to rule them all)

Il n’y a qu’à voir l’offensive des éditeurs, Elsevier en tête et plus récemment l’American Society of Civil Engineers pour comprendre que la version éditeur d’une publication (le pdf mis en page par la revue) n’est pas prête d’être libérée pour l’archivage en open access.

La dernière version auteur d’une publication est importante pour le dépôt dans une archive ouverte. C’est, dans la très grande majorité des cas, la seule version fiable, c’est à dire évaluée par les pairs, sur laquelle le ou les auteurs conservent leurs droits suite à la signature du contrat de cession de droits au profit de l’éditeur (Copyright Transfert Agreement).

Mais qui possède vraiment cette version sur son ordinateur ? de la toute dernière version envoyée à l’éditeur ou téléchargée sur la plateforme de suivi de publication (Elsevier Editorial System ou MyPublication chez Springer) ?

Nous n’atteignons pas encore les records des publis pour des tests cliniques ou pour des projets de très grande envergure type LHC qui font apparaître plusieurs centaines d’auteurs pour un simple article, mais le co-autorat est la norme dans les publications en sciences et techniques qu’il m’ait été donné de voir dans mon université. En discutant avec les co-auteurs, on s’aperçoit qu’ils ne disposent ou conservent pas systématiquement la dernière version transmise à l’éditeur par l’auteur correspondant. Il font confiance à ce dernier qui garantit apparemment la conservation de cette version sans forcément la partager.

Or, si le dépôt systématique de la production scientifique est envisagé (comme ce devrait être le cas partout), le contrôle et la traçabilité de la dernière version auteur ne sont plus seulement importants mais primordiaux. Chaque co-auteur doit pouvoir disposer de la version la plus à jour pour l’ajouter éventuellement à son archive institutionnelle. Cela signifie, entre autres, revoir les habitudes de publications des chercheurs et leur gestion électronique des documents. Pas une mince affaire.

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La bibliothèque au coeur de l’activité bibliométrique des universités : bonne ou mauvaise idée ?

Posté dans Aut'trucs, Saines lectures.

EscalierDurant les années 2000, les bibliothèques suédoises ont ressenti le besoin de redéfinir leurs missions et leurs rôles par rapport à la communauté qu’elles desservaient, c’est ce que nous apprend l’article How implementation of bibliometric practice affects the role of academic libraries de Fredrick Aström (Lund University Libraries) et Joacim Hansson (Linnaeus University) parue dans Journal of Librianship and Information sciences mais disponible en Open Access sur l’archive de l’Université de Lund. Le constat était simple : baisse d’activité sur les missions dites traditionnelles (recherche et organisation de l’information) et importance accrue de la documentation en ligne, émergence de nouvelles pratiques de publication des résultats de la recherche, développement des outils de recherche poussant au développement de nouveaux services pour les chercheurs, augmentation de la diffusion de la recherche en Open Access.

Changer de rôle

Animées par un groupe de spécialistes (groupe de bibliothécaires spécialistes ou intéressés, chercheurs en Sciences de l’information et des bibliothèques, bibliothécaires-enseignants ayant une longue expérience en analyse infométrique), les bibliothèques des universités suédoises se sont donc lancées dans la construction de compétences professionnelles en bibliométrie. Des cours et des formations sur les méthodes et les applications de la bibliométrie ont été dispensés localement et au niveau national.

La Suède n’était pas isolée dans ce mouvement, l’Allemagne et les Pays-Bas ont également suivi.

Sur les 48 institutions d’enseignement supérieur et de recherche en Suède, 18 d’entre elles proposent une activité dans la biblio/scientométrie, la plupart gérée par la bibliothèque. Pour ces dernières, la situation varie sensiblement entre les bibliothécaires qui travaillent sur la bibliométrie « quand ils ont du temps libre » et les postes à temps plein. Le parcours des professionnels en charge de ces missions sont également assez hétérogènes, on trouve des bibliothécaires avec un Master en Sciences de l’information et des bibliothèques mais sans grande connaissance de la biblio/scientométrie et des docteurs en statistiques ou dans d’autres champs de recherche proches des méthodes quantitatives.

Prendre l’initiative

Il est intéressant de noter que l’initiative de gérer les questions bibliométriques provient souvent de la bibliothèque elle-même. Pour les plus grandes universités, cela peut s’accompagner d’un mandat officiel de la présidence pour produire des analyses bibliométriques en vue de l’évaluation de la recherche. Car les analyses produites par les bibliothèques visent en premier l’évaluation de la recherche et/ou la fourniture de données pour la répartition des fonds budgétaires au niveau local. Mais il existe d’autres objectifs à ces analyses : cartographie des champs de recherche, recherche sur les collaborations en étudiant le co-autorat, production d’analyses spécifiques pour des chercheurs ou des groupes de recherche. Certaines bibliothèques ont même un usage local des analyses pour le management des collections.

Raisons, avantages, inconvénients

Il y a 3 raisons qui expliquent que les bibliothèques universitaires investissent ce nouveau rôle :

  1. elles disposent depuis de nombreuses années de compétences dans la manipulation des bases de données bibliographiques, des documents, des métadonnées et des outils bibliographiques utiles à l’analyse bibliométrique
  2. la bibliothèque reste une entité stable de l’université qui n’est pas directement concernée par les résultats des analyses bibliométriques. Elle est dans une position neutre et objective par rapport aux départements et laboratoires évalués

  3. la bibliométrie est au cœur du rôle des bibliothèques dans le processus de diffusion scientifique. grâce au développement et à la gestion des dépôts institutionnels et à leur rôle actif dans la propagation de l’Open Access.

La responsabilité des questions bibliométriques n’implique pas seulement un  changement de rôle pour les bibliothèques, elle engendre également plus d’attention et de prestige vis-à-vis des instances de l’université.

Au chapitre des avantages d’une telle prise en charge, on peut citer le fait que la bibliométrie ajoute des responsabilités et élargit les compétences des bibliothécaires. Ce rôle élargi a augmenté la visibilité de la bibliothèque au sein de l’établissement en accroissant notamment les coopérations avec les chercheurs. Enfin, l’augmentation de la collaboration avec la direction de l’université conduit à un engagement plus important dans le processus de management, ce qui contribue au prestige et à l’influence de la bibliothèque.

Mais s’immiscer dans la question bibliométrique n’est pas sans risque. Ce domaine nécessite des compétences avancées en méthodes statistiques en général et en indicateurs bibliométriques en particulier ; on ne s’improvise pas bibliométricien. Les relations entre bibliothèques et chercheurs ont tendance à changer de registre si la bibliothèque s’occupe de l’évaluation de la recherche. Les compétences des bibliothécaires les rendent-elles légitimes comme évaluateurs auprès des chercheurs ? Il y a également un risque que la bibliothèque soit associée aux mauvais résultats des départements évalués si les attentes ne sont pas remplies. Le principal danger provient du fait que la bibliothèque, perçue comme service ou fonction support de l’université, devienne auditeur ou évaluateur, presque juge des chercheurs.

Et en France ?

Je n’ai pas de trace d’un tel mouvement en France. Les exemples de bibliothèques gérant les données bibliométriques des laboratoires sont peu nombreux. Je n’ai trouvé que le cas de la Bibliothèque Inter-Universitaire de Montpellier qui proposait un profil de ce genre.

En France, l’analyse bibliométrique des universités est centralisée (oh surprise !) par l’Observatoire des Sciences et des Techniques, un groupement d’intérêt public (GIP) qui fédère 4 ministères, les principaux organismes de recherche (CNRS, CEA, INSERM, etc.) et la Conférence des Présidents d’Université. La principale mission de l’OST est de « concevoir et de produire des indicateurs et des analyses relatifs à la recherche et à l’innovation, pour éclairer les politiques publiques et les analyses stratégiques dans ce domaine« . L’Observatoire produit également de très intéressantes notes comme celle sur la couverture bibliométrique de l’informatique ou celle sur les classements internationaux des universités (février 2012).

Au sein de l’OST, le projet IPERU (pour Indicateurs de production des établissements de recherche universitaire) a pour but de construire les indicateurs de la production scientifique des établissements participants. Le programme a débuté par un test en 2006, puis par élargissements successifs à partir de 2007. La dernière vague a concerné les indicateurs sur les publications, les participations au PCRD et les brevets.

Chaque année, un rapport détaillé et des synthèses sur l’activité bibliométrique sont envoyés aux universités. L’équipe IPERU collabore avec les universités pour le repérage des adresses des laboratoires à évaluer, question qui peut sembler triviale mais enjeu essentiel pour un recensement fiable et exhaustif.

Malheureusement, les liens entre OST et bibliothèques semblent inexistants, tout semble se jouer à un autre niveau : direction de la recherche, département Évaluation.

Toujours est-il que la question bibliométrique revient en force dans les BU par l’intermédiaire des archives ouvertes, et dans ce cas, de plus en plus de bibliothèques sont prêtes à assumer ce nouveau rôle.

 

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Formation à distance aux tests d’utilisabilité : il reste des places !

Posté dans Enquêtes, Outils, Utilisabilité.

image d'illustrationLa deuxième session de la formation à distance « Améliorer vos outils numériques avec l’utilisabilité » aura lieu du 2 au 29 juin. Il reste encore des places disponibles donc précipitez-vous ! (en fait , c’est normal s’il reste des places pour une formation à distance mais il faut bien créer le suspense).

En 4h, cette formation vous fera comprendre comment les outils numériques que vous avez mis en place (catalogue, site web, service de renseignement en ligne, bibliothèque numérique, etc.)  sont manipulés par vos utilisateurs, en quoi ils échouent et réussissent dans les tâches et comment les améliorer grâce aux tests d’utilisabilité.

Ces tests peuvent s’appliquer à différents outils à n’importe quel moment de leur cycle de vie, aussi bien lors de la préparation d’un nouveau site pour régler les derniers détails que juste après son lancement pour corriger certains points ou en milieu de vie pour une légère refonte.

La formation fait d’abord le point sur le concept même d’utilisabilité (usability en anglais) avant de présenter pas à pas tous les aspects des tests de la définition des scénarios à l’analyse des mesures en passant par le recrutement des participants. Suite aux remarques des précédents stagiaires,  une partie consacrée aux tests sur appareils mobiles a été ajoutée.

La formation alterne présentations vidéo des notions ou d’exemples significatifs et exercices permettant d’apporter de nouveaux éléments. Vous suivez les modules à votre rythme selon vos disponibilités et nous échangeons et approfondissons le contenu par des séances de chat planifiées ou via le forum de la plateforme.

La formation à distance est payante mais vous rentrerez rapidement dans vos frais grâce aux montants que vous économiserez avec à l’amélioration de vos outils numériques (formation, prestation externe).

Pour plus d’informations, vous pouvez contacter le service de la formation continue de l’ENSSIB (formationcontinue@enssib.fr).

crédit photo : Marshmellow Men | James Vaughan | CC BY-NC-SA

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